Je suis accro …

runaddict

Certains fument, d’autres ne peuvent se passer de chocolat. Moi, je cours.

Je suis ce qu’on appelle sur les réseaux sociaux une #runaddict.

Dès la plus tendre enfance, j’ai baigné dans le monde la course à pied. Mon père a toujours couru au moins un jour sur deux, licencié dans un club. Je m’y suis essayée vers l’âge de 10 ans. Il avait posé ses conditions : nous ferions de la course à pieds uniquement si nous faisions les compétitions. Je les détestais alors j’ai demandé à arrêter comme je l’ai fait avec la guitare lorsque après une année,  on m’a dit que le solfège était obligatoire pour suivre des cours à l’école de musique.

J’aurais pu développer une aversion contre ce sport mais il me laisse pourtant de très bons souvenirs.

Ma mère n’en pouvait plus des soirées (le fameux 17h – 20h) et des dimanches seule avec ses trois enfants. Pour se venger, elle nous emmenait au salon de thé manger des pâtisseries. Ouvriers, il s’agissait d’un sacré extra dans le budget !

Ma vision était bien différente de la sienne. J’aimais ces moments spéciaux passés au salon de thé. J’aimais aussi ces dimanches passés sur les terrains de cross près du camion du marchand de lait chaud pour nous réchauffer. Nous étions libre de vadrouiller tant que nous restions sur le parcours. Nous pouvions marcher dans la boue et nous salir à souhait sans nous faire gronder. Il y avait aussi ces journées passées sur les terrains d’athlétismes ou ces moments d’attente au bord de la route, l’été, pour encourager notre papa à pleins poumons, fiers comme des coqs. Et puis surtout, il y avait ces assemblées générales annuelles où nous faisions la fête et dansions jusqu’au bout de la nuit animée par un concours de déguisements.

10 ans pour me lancer.

C’est à la vingtaine que j’ai eu envie de m’y mettre. J’étais étudiante. Je passais mon temps à travailler mes cours et j’avais besoin de décompresser. J’ai fait plusieurs tentatives, infructueuses. J’allais courir deux fois et je perdais toute motivation. Il était bien plus facile de faire la fête avec les amis.

Quatre ans plus tard, à mon entrée dans la vie active, l’envie était toujours présente. Mais j’ai plongé tête la première dans le travail, ma priorité à l’époque.  Puis, nous avons eu notre premier enfant et notre second. C’est l’épuisement maternel qui a été le déclic. Il fallait que je fasse quelque chose qui me permette de faire sortir tout ce qui n’avait pas lieu d’être en moi : La colère, les crises d’angoisse. Alors, j’ai chaussé les baskets il y a maintenant 18 mois. J’ai repris confiance en moi – Je l’avais totalement perdue à cause de l’épuisement – parce que j’ai enfin réalisé un rêve que j’avais depuis plus de 10 ans.

Je suis accro aux endorphines.

Petit à petit, j’ai progressé. En juin dernier – moi qui ne suis pas le moins du monde téméraire – j’ai participé au Mud Day. Je me suis lancée dans quelques compétitions pour le fun, juste pour le plaisir. Aujourd’hui, je cours trois fois par semaine. Ce mois-ci, j’aurais couru près de 100km en 13 sessions. Mon objectif, un 15km dans un mois et un semi marathon le 11 septembre, pas un des plus simples, le Auray-Vannes … Nous le courrons en famille puisque mon frère m’a proposé de se joindre à moi et mon papa nous suit lui aussi. Un trio accro au sport.

Mon rêve ultime serait de courir un marathon. Peut-être qu’il restera fantasme – ou pas …. Quoi qu’il en soit, contre toute attente, je suis devenue #runaddict grâce à (à cause de) l’épuisement maternel. Je suis accro aux endorphines, à cette sensation de bien-être qui m’envahit après une séance. Trois fois par semaine, je me fais plaisir comme ça ne m’était pas arrivé pendant des années. Serait-ce une sorte de régression rassurante qui me ramènerait à mon enfance ? Toutefois, il faut que je sois vigilante à mon fameux syndrome du toujours plus : plus longtemps, plus loin, plus souvent qui pourrait mettre à mal mon corps ….

Et puis, je dois vous confier un secret … Lorsque je suis trop énervée ou stressée, il m’arrive de m’imaginer courir et je retrouve l’apaisement. C’est grave docteur ?

10 réflexions au sujet de « Je suis accro … »

  1. LeeLoo

    Oh le bel article !
    J’ai aussi repris la course  » à fond » après la naissance de mon second (mais j’avais déjà été bien mordue avant la naissance de ma première durant quelques mois)

    Quand son rêve est de courir un marathon et qu’on s’entraine déjà 3 fois par semaine, je pense que tu le réalisera un jour ce rêve. Il faut juste avoir le coup de folie de valider son inscription ! (dis la fille qui vient de le faire et qui a une trouille dingue maintenant d’y aller !)

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  2. Anaïs

    Je me retrouve beaucoup dans ton texte. Mon papa aussi était un mordu de course à pied mais pas autant que le tien (ou plutôt son genou lui a dit stop), et j’adorais courir avec lui.
    Adulte, j’ai toujours voulu courir et remis a plus tard. Jusqu’à devenir maman, et là le déclic, pour retrouver ma ligne mais surtout prendre du temps pour moi et me faire du bien.
    Objectif semi marathon à la fin de l’année aussi 😉

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  3. maman@home

    Je trouve tout cela plutôt sain à vrai dire, je trouve dans la course une sensation d’apaisement moi aussi. De beaux projets en perspective en tout cas, moi je ne vise qu’une course de 10km pour le moment. J’adore lire ce type de témoignage c’est tellement rafraichissant.

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  4. Le carre

    Super blog
    Alors je vois que tu veux faire auray vannes je lai fais en 2013 c’était geniale et je voulais etre une marathonnienne ca etait mon challenge de 2015 mais je ne voulais pas arrivé dernière
    Donc j’ai fait le medoc en 5h sans m’arrête au chateau pour picoler et je me suis éclater a le faire jai fait aussi le 56km du raid du golfe en 2014
    J’ai besoin de mes andorphines aussi c mon equilibre j’espère faire une sortie avec toi pour papoter

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    1. MamLucile Auteur de l’article

      Ouahou, le 56 km ! Ça a du être super difficile, non ?
      Oui, on arrivera à courir ensemble puisque l’une de nous deux a juste à changer de rive 😉

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  5. ladybird

    Oh lala que je me reconnais bien … mais inversée .. depuis l épuisement maternelle je n arrive plus à trouver du temps pour m évader en forêt seule …. comme cette apaisement me manque …
    Enceinte de bébé 1. De 1 mois je prenais le départ de l utmb l ulta trail du mont blanc ( 166 km , un rêve un accomplissement une préparation de longue durée ) depuis 5 ans années se sont écoulées et bébé 2 avec l effondrement … et seulement 3 dossards de course …
    Comme cela me manque … c’est une partie de moi mon équilibre

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  6. Ping : Lâcher prise - Epuisement maternel

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