blackout

Blackout

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Le blackout, agir comme un robot, ne plus être maître de son corps, être observateur de soi même. Des mots qui parlent à bien des parents en épuisement dont l’esprit se protège. Le témoignage de cette maman illustre parfaitement ce que sont ces ressentis..

Comme dans un rêve

Ma fille M. est née en 2012. Le fruit d’un fort amour entre son papa et moi. Un bébé qui s’est installé un peu vite, mais pour qui on a eu de l’amour très rapidement. Une grossesse de rêve, un bébé que l’on a attendu de longs mois, un bel accouchement et  tout l’amour de parents pour son enfant.

Après une grosse frayeur qui a valu a M. une semaine d’hospitalisation alors qu’elle n’avait que 10 jours, nous découvrons tout avec elle : le rôle de parents, de nouvelles responsabilités. Nous sommes ébahis, fiers de chacun de ses gestes, chacun de ses progrès. Nous profitons de chaque instant. Nous la voyons grandir, s’épanouir. Elle est tout pour nous. Je suis tellement heureuse. Je l’aime!

A ses un an passés, comme une évidence, nous décidons de revivre l’aventure. A. ne mettra que 3 mois à s’installer. Nous étions tellement impatients. Je l’ai tout de suite deviné, elle était bien là, à grandir dans mon ventre. Très vite l’échographie, puis l’annonce. Tout était si beau.

Appréhender l’avenir

Comment M. allait vivre la venue de ce bébé ? Arriverai-je a m’occuper de 2 enfants ? Comment allait se passer la séparation lorsque viendra le jour de partir pour la maternité ? J’étais tellement fusionnelle avec elle.

La grossesse passe vite, très vite, trop vite. M. entre peu à peu dans la crise des deux ans. Les journées sont longues, j’ai hâte que bébé arrive. Je ne profite plus de ce gros ventre que j’avais pourtant tant chéri pour M.. Je ne garde finalement presque aucun souvenir de cette seconde grossesse.

A la naissance de A., la séparation avec M.pour la maternité s’est finalement bien passée. La rencontre avec sa petite sœur aussi. J’étais heureuse. Mais c’est à cette période qu’arrive un grand tournant dans ma vie.

En rentrant M. nous fait sa vraie crise des deux ans. Je passe mes journées et soirées à crier. Je n’arrive pas a donner un message serein à ma toute petite. Je regrette son arrivée. Je lui en veux d’avoir gâché tout le bonheur que j’avais avec M.. Et surtout, je n’arrive pas à sentir cet amour inconditionnel comme je l’avais senti pour ma première. Je n’arrive pas a aimer ce bébé, pas autant que sa sœur.

Un blackout de 18 mois

Je me réveille 18 mois plus tard comme si pendant tout ce temps, j’avais été un robot. Le temps est passé, il a filé … sans moi … Comme si pendant un et demi, les choses avaient été faites par moi oui mais une autre moi … Comme si mon corps avait fait machinalement les choses et que mon âme s’était endormie. Je garde très peu de souvenirs de cette période. De vagues images des premiers pas d’A et de quelques moments câlins. Je regrette, je regrette tellement…

Et puis là, tout d’un coup une révélation, comme une évidence. 18 mois après sa naissance je ressens enfin pour la première fois cette vague d’amour pour ma petite A.. Comment ? Pourquoi ? Je ne sais pas. C’était comme si d’un coup je sortais la tête de l’eau pour prendre une bouffée d’oxygène, comme si d’un coup le soleil était revenu après un long hiver pluvieux.

Pourtant, je replonge rapidement …

La suite ici …

2 réflexions au sujet de « Blackout »

  1. Marcende

    Mais pour cette seconde naissance, on peut parler d’une vraie difficulté maternelle, d’une rencontre qui n’a pas pu se faire.
    Cette maman a t’elle pu trouver de l’aide, un accompagnement pour comprendre ce qu’elle était entrain de vivre?
    Je pense fort à elle. Elle a pu reprendre souffle quelques temps, comme une bouée qui lui aurait été lancée pour comprendre que rien n’était figé. Le bout du tunnel est bien présent, plein de courage

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