Ces cris, nos ennemis

Cris

C’est un excellent papa. Il s’occupe très bien de ses enfants. Il est régulièrement seul avec eux. Une heure ou deux, une demi-journée par-ci par-là. Depuis près de quatre ans, il travaillait, elle non. Alors, le fonctionnement du foyer était, par défaut, à la charge de cette femme. S’assurer du ravitaillement des denrées, de la propreté et de l’ordre de la maison, de l’organisation du planning, d’un repas toujours prêt … et surtout, s’occuper des enfants. Gérer les maladies, les colères, les coups de fatigue, les bobos …

L’autorité, c’était elle. Lui, absent une grande partie de la journée. Elle avait cette sensation de tout porter sur ses épaules et en était arrivée à saturation.

Si lorsqu’il rentrait le soir il était très présent, s’il l’aidait volontiers au quotidien, elle devait toujours le solliciter. Pas de demande, pas d’initiatives, telle était son fonctionnement.

Résultat ? Une maman tendue, énervée au moindre grain de sable, hyper-exigeante avec son entourage et envers elle-même qui n’arrêtait pas de crier à la moindre colère de ses enfants pensant que si elle le faisait plus fort qu’eux, ils cesseraient. C’est pourtant la pire des solutions, elle le savait. C’était plus fort qu’elle.

Une chose en amenant une autre, il s’est occupé, seul, de ses enfants pendant toute une semaine. Une grande première qui ne semblait angoisser personne.

Les enfants ravis de passer plus de temps seuls avec leur père sont particulièrement calmes. Les colères se font rares. En rentrant le soir, elle découvre ses hommes détendus, de bonne humeur, heureux de leur journée. Pourquoi arrive-t-il à les canaliser ainsi alors qu’elle ne fait que subir les colères ?

Il ne crie pas, il les isole.

Une dispute, une colère, un refus d’obéir, une bêtise. Il ne laisse pas la situation s’envenimer. Il isole son enfant dans sa chambre le temps de gérer son émotion ou de réfléchir. Il lui demande d’en sortir uniquement une fois calmé ou quand il lèvera la punition. En trois minutes les hurlement des enfants cessent. En moins de cinq minutes la situation est rentrée dans l’ordre. Les réaction sanguines se font de plus en plus rares. Tous sont beaucoup plus calmes.

Elle utilise cette même méthode. Les effets sont radicaux.

Elle ne crie plus, ne se fâche plus. Désormais, ses explications sont entendues et comprises.

Alors que depuis des mois elle savait qu’elle devait cesser de crier plus fort que ses enfants, elle ne savait comment s’y prendre. Depuis tout ce temps, elle peinait à briser la spirale infernale qui s’était mise en place. En moins d’une semaine, grâce à une situation qui sortait de l’ordinaire, tout est rentré dans l’ordre.

Une simple semaine pour résoudre un problème essentiel qui durait depuis près de deux ans. Une unique semaine pour rétablir le calme et la sérénité qui manquaient tant à cette famille.

Une réflexion au sujet de « Ces cris, nos ennemis »

  1. Jessica

    Bonjour

    Je suis exactement dans cette situation. Je suis à bout de nerfs, à fleur de peau, je crie pour un rien tout en sachant que ça fait pire que mieux.
    Malheureusement mon mari qui s’occupe peu des enfants car il travaille (moi aussi d’ailleurs) et le week-end fait des travaux de finition dans notre nouvelle maison, s’énerve encore plus vite que moi. Il a même le don de laisser ses tensions dans le foyer même quand il part.
    Je n’arrive donc pas à sortir de cette spirale de cris. D’autant plus que j’ai moi-même été élevée dans les cris et les coups et que je me sens tout de suite agressée. J’espère y arriver un jour.
    Votre article donne de l’espoir en tout cas, merci.

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