Ces mercredis tant redoutés

Cette année, nous parlons nouveaux rythmes scolaires. Avant de vous expliquer ce qu’ils ont changé pour ma petite famille et pour moi, version maman, je veux vous parler de ce qu’étaient mes mercredis il y a tout juste un an.

Mercredis

Il y a un an, je devais reprendre le chemin du bureau après deux années de pause professionnelle. Grand bonhomme avait fait sa première rentrée à l’école. A sa demande, il mangeait à la cantine pour être avec les copains. Toujours à sa demande, il allait au périscolaire deux soirs par semaine pour pouvoir jouer un peu plus longtemps avec les copains. De mon côté, je prolongeais finalement mon congé parental pour une année supplémentaire. Je commençais un bilan de compétences pour faire le point et réfléchir à mon avenir professionnel.

Petit bonhomme se réveillait encore en moyenne cinq fois par nuit.
Grand bonhomme était très colérique, reproduisant mes propres colères.
Quant à moi, j’étais dans un état de santé particulièrement mauvais. J’étais faible physiquement et psychologiquement, sans forces, angoissée, stressée.

J’étais seule à la maison quatre jours par semaine. J’en profitais pour dormir encore et encore, me reposer, reprendre des forces, m’occuper de moi. Bref, me remettre sur pieds !
Le mercredi, était réservé aux enfants.

Ma journée commençait bien tôt.
6h45, le réveil sonnait. Je me levais bien plus fatiguée que la veille en me couchant, la tête qui tournait en continu. Je filais, en express, sous la douche puis tentais de petit déjeuner. J’avais tout essayé, manger tôt, tard, avant et après m’être lavée, une fois les enfants levés, … Rien n’y faisait, pas moyen de manger sereinement, au calme. Il suffisait que je m’assoie, que je prenne une bouchée de pain pour que petit bonhomme se réveille, qu’il y ait une couche qui déborde, qu’une dispute éclate, une envie de pipi à gérer, une colère ou je ne sais quoi d’autre. Quand arrivait 8h30, l’heure pour mon mari de partir au bureau, mes mains tremblaient déjà de stress et d’angoisses.

Je préparais le repas en début de matinée. Malheur à moi s’il me venait l’idée de le préparer à partir de 10h, seconde partie de matinée, période durant laquelle les garçons étaient particulièrement pénibles. C’est donc avec l’un dans les bras et le second qui me sollicitait toutes les 3 minutes que je devais nous préparer un bon repas et tout dresser dans les assiettes pour ne plus avoir qu’à réchauffer le moment venu afin d’éviter les colères …

10h30, nous allions nous promener pour que la matinée nous paraisse moins longue et que petit bonhomme cesse de chouiner. Les jours de pluie étaient terribles. Ne pas pouvoir sortir me faisait suffoquer. Le bras de fer commençait très rapidement avec grand bonhomme. Lui qui me tannait depuis le réveil pour aller se promener ne voulait plus marcher. Puis, il ne voulait plus rentrer et arrivaient les colères.
Je puisais au fond de mes ressources le peu d’énergie qu’il me restait à disposition pour gérer la crise et le décider à rentrer pour les meilleurs jours ou m’énerver sans effet pour les mauvais jours.

Enfin rentrés, il fallait trouver de quoi occuper les enfants en attendant le repas. Difficile de le leur faire comprendre quand eux avaient décider qu’il fallait manger de suite …

Après le repas, la sieste. Il ne fallait pas qu’elle commence trop tôt sous peine de la voir se terminer trop tôt et d’avoir une après midi trop longue à gérer pour mes réserves si faibles en énergie. Les couchers de petit bonhomme étaient très longs. Ses allergies le faisaient encore souffrir à cette époque. Grand bonhomme quant à lui ne voulait plus dormir alors nous nous engagions dans un nouveau bras de fer. Il avait encore besoin de dormir et il fallait qu’il dorme pour que moi aussi je puisse me reposer et retrouver un peu  d’énergie. J’avais déjà consommé toutes les forces qui étaient à ma disposition. Mission impossible. Je devais systématiquement me résoudre à le laisser descendre. Une fois sur deux, il avait réussi à réveiller son frère qui, fatigué, était ronchon pour le reste de la journée.

J’attendais avec impatience l’heure du goûter. 16h, LE signe que la journée était presque terminée. Plus que deux heures à attendre pour que mon mari prenne le relais. Les deux heures les plus longues de la journée.

Avant ou après le goûter, nouvelle promenade. Sortir me fatigue énormément mais m’évite de tourner en rond à la maison. Même scénario que le matin. Les colères, les pleurs, la crise.
Je rentrais sur les nerfs, je n’en pouvais plus. Les enfants devaient le ressentir et enchainaient les crises. Ils se disputaient, criaient, se tapaient, pleuraient. Je ne pouvais plus supporter cette situation, j’étais en colère, angoissée, vidée de toute énergie.

Quand mon mari rentrait pour enfin clore mon agonie, je me réfugiais au calme pour reprendre un tant soit peu d’énergie pour préparer le repas. Je crois qu’à cette période, je n’avais même plus la force de donner le bain à mes fils. J’étais dans une sorte d’état second, comme si mon esprit était sorti de mon corps pour prendre de la distance, ne pas craquer, ne pas devenir folle.

Particulièrement faible physiquement, il restait à assurer le coucher. Parfois une heure pour endormir grand bonhomme qui avait peur de rester seul, certainement marqué par toute cette tension ambiante de la journée, il avait besoin de ce moment de calme avec sa maman pour être rassuré. De quoi m’achever définitivement d’une journée éreintante mais chaque semaine, il fallait recommencer. Il le fallait …

Racontez-nous, vous aussi, à quoi ressemblent ces mercredis que vous appréhendez tant ou avez tant appréhendé à une époque.

11 réflexions au sujet de « Ces mercredis tant redoutés »

  1. Martin

    faut pas abuser… j’en ai 4, je bosse de 9h à 18h, je pars à 8h reviens à 19.
    à 4/5è je suis à la maison le mercredi, multi activités en plus de l’école. ménage, linge, repas etc bien sur. c’est dur aussi mais même avec 4 (moins colériques soyons honnête), je ne me retrouve pas dans ce portrait.
    pas du tout.
    Eric.

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    1. mamlucile

      Heureusement que tous ne s’y retrouvent pas ! J’espère bien que la situation que j’ai vécue reste exceptionnelle et que le moins de personnes possible puissent s’identifier à mon récit.
      Rappelons que, dans mon cas, j’étais en plein epuisement physique et moral, ce qui explique cette façon dont je vivais les mercredis. Un an plus tard, les choses ont bien changé et comme vous, je le vis beaucoup mieux …
      Ne croyez pas que mes propos aient été exagérés, ils correspondent bien au quotidien de certaines mères, malheureusement …

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      1. maud

        Quand on a pas vécu ce que vous décrivez , il est impossible de comprendre .
        La fatigue physique , le manque de sommeil est un enfer et tout devient insurmontable .
        J’ai vécu cet épuisement à la naissance de ma deuxième petite fille qui se réveillait sans arrêt la nuit jusqu’à ses deux ans et demi .
        Tout me semblait compliqué , aller travailler était devenu un calvaire , rencontrer des gens au dessus de mes forces .
        Tout s’est arrangé quand on a re-commencé à dormir la nuit .
        Et je n’en parlais pas car personne ne comprenait ou me disait  » ça va passer  » , j’appelais au secours et la solitude a été la pire des choses à cette époque .
        Oui, parce qu’on a pas connu ça …
        eT moi mamlucile, je vous comprends

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    2. seve

      Bonjour ce qui serait intéressant pour tout le monde ici ce serait que vous partagiez vos astuces et methodes en organisation et gestion des crises par exemple ? Comment êtes vous organisé ? Avez vous une nounou ? Une femme de ménage ? Des gens de votre famille qui vous aident ? Bonne journée

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  2. amélie

    Moi je m’y retrouves…je redoute aussi les mercredis comme tous les jours mais avec plus d’heures seule avec mes tyrans! je me lève quand je suis réveillée, ils ont 8 ans donc ils se lèvent seuls et regardent la télé. Je ne les entend pas du tout quand je dors mais à peine je descend les escaliers, ça commence…maman ceci, maman cela…bonjour les garçons! je bois mon café alors qu’ils se disputent pour une émission télé différentes qu’ils veulent regarder ou autre…toujours des disputes pour pas grand chose…et l’un en vient rapidement aux mains (il n’est pas du tout patient) donc commence les pleurs, les cris, mes cris et la première punition : assis 15min dans les escaliers menant aux chambres…et ils y passent plusieurs fois à tour de rôle dans la journée parce que ça ne fais que ça! j’ai beau vouloir les occuper, rien ne les intéresse plus de 10 min…et bien sûr ils veulent le vélo quand il pleut et je passe mon temps à dire non non non non non … la petite de presque 1 an heureusement est adorable mais les jumeaux sont exécrables…

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  3. gaele

    Le « faut pas abuser » me fait bondir …
    C’est déjà tellement difficile d’oser dire qu’on est dépassée, qu’on y arrive plus, qu’on est épuisée, parce que c’est tellement culpabilisant de ne pas être LA bonne mère, parce qu’on nous renvoie si souvent le « quand même moi je m’en sors », mais alors lire un « faut pas abuser » sur un blog où enfin on peut parler, enfin on nous comprend, enfin on nous entend et où on nous prend pas pour des nulles désorganisées, ça me dépasse.
    Avec 4 enfants vous maitrisez vos journées et tout se passe pour le mieux, tant mieux pour vous. Mais je ne vois pas en quoi ça peut vous permettre de juger ses journées, nos journées.
    Un peu de tolérance et de bienveillance !! Et si le détail de ces journées que nous sommes nombreuses à vivre vous semble exagéré passez donc votre chemin !!
    Le meilleur moyen pour s’en sortir et goûter un jour à des journées paisibles c’est de pouvoir parler en etant accueillie, pas en étant jugée …
    Pardonnee cette envolée et cet agacement, mais il fallait que ce soit dit !
    Merci mamlucile de nous offrir cet espace …

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    1. mamlucile

      Merci Gaelle pour votre réaction 😉 J’ai approuvé le commentaire pour que les lectrices puissent réagir. J’aurais très bien pu le refuser mais je ne procède pas à ce type de filtrage. Je préfère que nous puissions argumenter …

      J’ai, moi aussi été énervée quand je l’ai reçu …

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      1. gaele

        🙂
        Évidemment tout le monde a le droit à la parole bien sûr. Et personne n’a « plus raison » que le voisin.
        Tant que ça permet d’avancer et qu’on est pas dans le jugement gratuit …

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  4. Moumoune

    Mes journées ressemblent à ça exactement et absolument sans exagération.
    Et oui tout le monde n’est pas parent parfait M. Éric.
    Et justement on est incompris et on va mal car on nous prend pour des dingues.

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  5. Ping : Message d’espoir : ces mercredis que j’ai appris à apprécier | Epuisement maternel

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