Stop

Dire stop !

Je vous propose un nouveau témoignage qui montre à quel point vouloir assurer sur tous les plans est épuisant. Ajoutons-y quelques problèmes de santé et vous obtiendrez un cocktail explosif.

Le témoignage date de début décembre. Après avoir repris contact il y a quelques jours, cette lectrice a accepté de me, vous, dire où elle en est aujourd’hui.

Stop

J’aimerais éviter d être en burn out total. Peut être le suis-je déjà …

Il y a quelques années j ai vécu un burn-out professionnel donc cette fois-ci je l’ai senti venir.

Je suis maman d’une petite fille de 9 mois. Je pense que l’ensemble de mon parcours de maman ne m’a pas beaucoup aidé. J’ai été extrêmement malade car atteinte d une hyperthyroïdie gestationnelle pendant ma grossesse, provoquant des nausées très fortes calmées uniquement par 3 prises de médicaments par jour ainsi que de la tachycardie. La fatigue étant constante à ce moment là, j’ai eu un accident. Je me suis ébouillantée en faisant la cuisine.

L’accouchement a été catastrophique. Sans péridurale car elle ne fonctionnait plus, utilisation de forceps car bébé coincé après plus d’une heure à pousser. Bébé est née toute belle mais malade donc hospitalisée 6 jours en unité kangourou. Une infection sûrement due au fait que la poche des eaux s’était rompue très tôt selon les docteurs.

Un sévère RGO

Enfin rentrées à la maison, l’allaitement était très difficile donc stoppé. Ensuite, nous avons découvert qu’elle avait un RGO interne sévère. Ma fille s étouffait parfois juste après le repas en se basculant en arrière et en s’agitant de droite à gauche. C’était très impressionnant. Il fallait la pencher en avant en la maintenant pour qu’elle puisse respirer. Désormais, les RGO vont bien mieux même si le traitement médicamenteux reste indispensable tous les soirs.

J’ai repris le travail à ses 6 mois, mi-septembre 2016. La reprise a été très difficile car j’ai un travail particulièrement stressant dont je n’arrivais pas à décompresser. Et je devais m’occuper de la petite en rentrant.

Un manque de sommeil inévitable

J’étais pourtant contente de travailler à nouveau afin de me changer les idées, de faire autre chose. Les RGO de ma fille engendrent une sensibilité ORL donc elle tousse en permanence ce qui la réveille. Nous dormons très mal depuis le début de l’automne.

J’ai choisi de tout faire pour que ma fille ne passe pas trop de temps à la crèche donc je suis à 80% et je commence très tôt pour la récupérer tôt (8h/16h30). Je cours donc pour aller la chercher. Toutes les autres maman de la crèche ont une personne qui vient chercher leur enfant mais voulant le meilleur pour ma fille, je préfère m’en occuper.

Me voilà épuisée … En voulant tout faire, même affaiblie.

En trois mois, j ai eu 4 angines et 1 gastro. Malgré tout, je m’occupais encore de ma fille le mercredi tout en étant malade. Je n’ai pas voulu trop être arrêtée car je venais de reprendre le travail. Je n’ai pas su prendre soin de moi. Je me suis oubliée.

Les nombreuses maladies m’ont beaucoup affaiblie physiquement et elles ont finies par m’atteindre psychologiquement. Quand je regarde ma fille, je suis épuisée d’avance. Des angoisses montent en moi. Je me dis que je fais mal, que je suis une mauvaise maman. Alors j’imagine toutes les choses horribles qu’une mauvaise maman pourrait faire vu que je me dis que j’en suis une.

Dire stop

Depuis hier exactement, j’ai arrêté mon travail pour me reposer en leur disant que le stress de ce poste ne me convenait plus. J’ai appelé de l’aide. Ma famille va venir m’aider et j’ai pris rendez-vous avec ma psy que j’avais arrêtée de voir depuis longtemps. J’ai aussi vu mon généraliste qui m’a mise sous anti-dépresseurs. Même en faisant tout cela j ai peur de ne pas m’en sortir.
Je me sens seule finalement face à tout cela même si mon conjoint m’écoute beaucoup.

Deux mois plus tard … 

Ma décision d’accepter d’être en arrêt de travail date de début décembre, l’objectif étant de quitter mon job définitivement et en trouver un autre ailleurs car je n’en pouvais plus.

Prendre le temps de réfléchir

Pendant cet arrêt, je me suis occupée de moi (ma fille est à la crèche sauf le mercredi car je travaillais à 80%) et j’ai beaucoup réfléchi.

Plutôt que de prendre la décision radicale de tout larguer professionnellement, je me suis dit que je pouvais changer de poste en interne car je travaille pour une grosse société. J’ai décidé d’y retourner après cette pause mais à condition d’avoir en ligne de mire l’objectif de changer et rapidement.

Faire le point

Pendant mes 3 semaines de pause, j’ai rencontré des sociétés proposant des bilans de compétences et j’ai regardé comment financer ce projet afin de retourner au travail avec un objectif viable.

Mon retour au bureau s’est bien passé. Mes collègues ont été très accueillants et compréhensifs car je leur avais expliqué mon mal-être au travail.

Vigilance quotidienne

J’ai mis en place des questions à me poser chaque jour pour faire le point sur mes conditions de stress au travail.

Ai-je fais une pause le matin et une pause l’après-midi ?
Ai-je pu respirer entre deux appels ?
Ai-je pu consulter tranquillement mes e-mails ?
Ai-je pu aller aux toilettes autant de fois que je le souhaitais ?
Ai-je pu dire à ma chef que ça n’allait pas si c’était le cas ?

Ce sont des questions très simples mais pourtant très importantes à se poser finalement.

Se fixer un objectif

J’avoue que depuis ma reprise début janvier, ça va beaucoup mieux psychologiquement car j’ai un objectif à atteindre cette année : soit je change de job, soit je pars, soit je commence une formation en septembre.

Il faut se battre chaque jour quand la petite est malade et nous aussi. Etre organisés nous aide beaucoup, c’est primordial. Prendre soin de soi est aussi indispensable.

Aujourd’hui, mon projet avance. Je dois débuter mon bilan de compétences dans quelques semaines si tout va bien. Je me bats pour obtenir gain de cause au boulot sur le paiement de mes heures supplémentaires – une sorte d’obtention de la reconnaissance du travail effectué – et pour qu’on ne m’ajoute pas sans cesse du travail supplémentaire.

2 réflexions au sujet de « Dire stop ! »

  1. BoomBaby

    Bonjour chez parents,

    Nous recherchons des personnes qui accepteraient de témoigner lors d’un groupe de parole sur le thème du burn out parental. Atelier qui sera filmé par l’émission les maternelles et diffusée début mai sur France 5.

    Il s’agirait d’un atelier d’une heure environ où seront présents quelques papas et/ou mamans qui ont vécus un burn out et qui viendront en parler. le groupe sera animé par une psychologue périnatale.

    Nous avons été prévenu tardivement par la Production et le tournage aurait lieu vendredi prochain 21/04/17 matin à Boulogne Billancourt.

    Seriez-vous intéressée et disponible ce jour là ?
    Voici mon numéro : 06 30 85 54 42.

    Un grand merci pour vos réponses!
    Bonne journée à tous.

    La team BoomBaby

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