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Éducation

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J’ai été éduquée dans un environnement où les femmes ne se reposent jamais. Il en est ainsi depuis, au moins, quatre générations. C’est bien connu, les enfants prennent prennent pour modèle ce qu’ils ont sous les yeux.

J’ai une grand-mère de 80 ans passés qui bouillonne lorsqu’elle doit rester assise sur une chaise. Il n’est pas rare de la retrouver à ramasser le linge pas encore tout à fait sec, grimper sur un escabeau pour nettoyer les vitres ou faire son ménage de printemps en sortant d’une grippe bien costaud. Mon arrière grand-mère, ne supportant pas que ma mère ne fasse rien de ses mains, l’initiait à la couture ou au tricot afin qu’elle puisse être toujours occupée. Résultat, lorsque j’étais enfant, jamais je ne l’ai vue se poser à ne rien faire. Pourtant, la fatigue ne manquait pas, elle en pleurait en se réfugiant dans la grange. Nous, enfants, ne comprenions pas comment de simples chamailleries ou parties de rigolades pouvaient déclencher des réactions aussi extrêmes. (Je vous en disais plus ici)

Au delà des soucis de santé de mon fils, ma manière d’être m’a menée au burnout. Exigence, hyperactivité, perfectionnisme, déni face à la fatigue, refus d’écouter son corps, dévouement total aux autres. Les bases du fonctionnement des références de mon enfance. Les bases de mon propre fonctionnement pendant des années. Un héritage générationnel dont il est difficile de se défaire.

Face à ce constat, il est évident que je ne souhaite pas transmettre cet héritage tel quel à mes enfants.

J’ai envie qu’ils se respectent, soient à l’écoute de leur organisme, trouvent leur équilibre. Je ne veux surtout pas qu’ils se sacrifient au service des autres. J’aimerais qu’ils comprennent leur propre fonctionnement. J’ai envie de leur donner la force de refuser un rythme imposé par la société s’il ne leur convient pas, les aider à assumer ce qui est bon pour eux.

Alors que je me rééduque moi-même, je fais attention à ne pas leur imposer ce qui ne leur convient pas. Un exercice périlleux, difficile à réaliser chaque jour. Parfois, les vieilles habitudes prennent le dessus.

J’essaie de bannir certaines expressions oppressantes de mon vocabulaire comme « dépêche-toi », « avances plus vite », « on n’a pas le temps » tout en les apprenant à respecter les horaires. Nous nous contentons d’une activité extra-scolaire chacun par semaine que nous préférons compléter par des activités familiales le week-end. Je n’hésite pas à patienter cinq minutes lorsque je vais les chercher à la garderie et qu’ils viennent de commencer un jeu de société.

Nous, adultes, devons leur apprendre à se respecter. Nous nous devons d’apprendre à nos enfants à ne pas courir après le temps et profiter de la vie. Je ne sais pas si j’y parviendrai mais j’aurais au moins essayé …

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