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Éloigner le burnout

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Voici le témoignage d’une maman qui a mis des mots sur sa souffrance il y a tout juste deux mois. Elle avance petit à petit pour s’éloigner du burnout. Elle nous confie ses sentiments du moments en toute sincérité et transparence.

Depuis le temps que je lis ces témoignages aussi touchants les uns que les autres, je me dis que ça doit faire du bien d’écrire.

Maman de 3 enfants, je connais la descente aux enfers de ce fameux burnout maternel depuis le premier anniversaire de ma dernière. Jour où disons que j’ai posé le mot sur ma souffrance. C’était le 23 janvier dernier.

Un bébé surprise

C’était pourtant une belle journée avec nos enfants, nos amis les plus chers et toutes leurs belles marques d’affection pour notre petit bébé bonheur, ce bébé surprise qui s’est invité pour nous combler.

Nous avions décidé de rester à 4 depuis très peu de temps car notre deuxième, ma chère Héloïse, si précieuse, avait fait en sorte de bien nous calmer sur la famille nombreuse ! Elle m’a réveillée, sans relâche, toutes les nuits, toutes les 3 heures, pendant 3 ans et demi. Parfois, c’était même toutes les 2h, voire moins et il fallait tenir, bosser, assurer aussi la journée, rester calme avec son grand frère qui avait besoin d’aide pour évoluer après la découverte de ses soucis auditifs. Et, pendant la grossesse, toute la grossesse sans répit … Puis, avec un nouveau-né …

J’ai tenu, je ne saurais dire comment …

J’avais si souvent cette remarque de mon entourage qui me disait « mais comment tu fais ? » Je ne sais pas, il faut, c’est mon devoir, je dois être cette fameuse mère parfaite qui accepte tout et supporte tout car c’est son devoir. Ma meilleure amie avait réussi avant moi alors elle était mon exemple, mon chemin à suivre.

Puis, est venu le jour de cette première bougie où je prends conscience que cette année est passée trop vite. J’ai survécu mais je n’ai pas vu ma fille grandir ! La seule chose que je voyais était la torture que je subissais.

Une fois que ma deuxième a dormi, ma troisième s’est mise à se réveiller, toutes les 1h30, pendant 6 mois alors qu’elle dormait depuis son premier mois. Que s’est-il passé ? Il y avait une explication mais je ne trouvais pas de solution pour en sortir…

J’ai tout donné aux autres

J’ai eu la chance d’avoir cette petite fille adorable sans même le prévoir alors qu’une de mes meilleures amies avait un bébé malade, très malade. La culpabilité est alors rentrée dans cette relation car je trouvais cela injuste. C’est dur et sûrement incompréhensible pour beaucoup de gens mais je n’ai pas réussi à passer au dessus. J’ai réparé cette culpabilité en aidant au maximum mes amis dans leur vie quotidienne et en essayant de leur donner le plus de bonheur possible dans leur malheur.

Ce petit garçon que j’aimais tant est parti et ma fille a continué à grandir, à évoluer et à donner du bonheur … sauf la nuit. Elle avait comme un radar qui se mettait en marche une fois couchée qui a fini par me rendre de plus en plus fragile. J’étais si triste mais je ne devais pas trop le montrer et c’était comme si elle voulait tout le temps me dire « je vais bien moi, je suis là, occupe toi de moi ». Mais pourquoi la nuit ? Ce n’était pas possible à supporter !

J’avais compris son message mais je ne savais pas comment la rassurer

La famille s’effondrait à petit feu car j’étais épuisée, irritable, parfois violente et mon mari toujours de mauvaise humeur, comme moi. J’avais besoin du contraire mais je ne trouvais plus les mots pour le lui dire. Pire, j’étais devenu un monstre tellement j’étais agressive…

Quant au boulot, c’était devenu insoutenable. Je travaille en maternité et tous les matins j’entendais les mamans me dire qu’elles étaient fatiguées. Quoi répondre quand on ne dort pas bien depuis 4 ans ?

Alors, ce fameux jour où ma petite Hanaë a eu 1 an, mon corps a dit stop. Je me suis effondrée, j’ai perdu le contrôle de mon corps. J’ai eu un ralentissement psycho moteur. Je ne faisais que pleurer ou alors je devenais très agressive. Je ne supportais plus le mot « maman ». Je ne pouvais même plus répondre à des questions simples.

La descente aux enfers

Même conduire était compliqué alors je suis allée chez le médecin en me disant que j’allais juste demander une semaine d’arrêt histoire de dormir un peu mais je me suis effondrée.

J’ai quand même trouvé la force de contacter le réseau Morphée qui est spécialisé dans les troubles du sommeil. A peine mon mail envoyé, j’ai reçu la liste des spécialistes pour les enfants. 10 jours après, j’ai eu un rendez vous avec ma fille et nous avons pu être entendus, soutenus, entourés.

Les choses s’arrangent petit à petit mais je passe encore par des moments difficiles avec mes enfants. Je dois retrouver un sens à mon rôle de mère et surtout un chemin à suivre pour ne pas devenir l’opposé de ce que je voudrais être, une maman bienveillante.

Éloigner le burnout et retrouver mon chemin

Chaque jour est encore un effort, parfois même avec de gros moments de doute mais j’essaie de remonter la pente avec le moins de culpabilité possible.

La reprise du travail après 6 semaines de pause est encore un chemin de croix mais je le fais, grâce aussi à des collègues et des amies en or qui ne me lâchent jamais.

Il faut accepter qu’une fois le diagnostic de ce fameux burnout posé, il faille prendre du temps pour l’éloigner. Cela passe par un bon travail sur soi et une bonne dose d’amour …

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