En parler, oui, mais à qui ?

C’est la question que pose Annie dans un de ses commentaires.

Elle nous précise que les mères épuisées sont souvent « zappées par les médecins car  beaucoup d’entre eux ne savent pas vers qui orienter ou ne veulent pas entendre les propos de ces parents épuisés ».

Difficile de vous dire quel professionnel sera à même de vous comprendre et de vous aider. Je pense qu’il faut simplement avoir la chance de trouver LA personne sensibilisée au sujet et qui saura vous conseiller. De plus, les causes de l’épuisement peuvent être diverses et donc le panel de professionnels à votre disposition est tout aussi large. Aussi, la situation peut nécessiter l’intervention de plusieurs professionnels.

Pour vous donner une idée de l’éventail de professionnels susceptibles de vous venir en aide, je vous propose de vous parler de mon propre parcours (du combattant) qui aura duré une année avant d’être sérieusement prise en charge. Rien de mieux qu’un exemple pour illustration.

Pédiatre                 Sage-femme              Spécialistes

           Médecin traitant             Médecin généraliste

Urgences Médico Psychologiques          Psychologue

           Psychiatre                     Médecin du travail

« Allo parents bébé »                                     PMI

           Relais parents / enfants            Associations

Pôles mère / enfant

A la naissance de mon second fils, l’épuisement maternel a vite pris le dessus sur notre joie d’être à nouveau parents. Son comportement transformait nos journées et nos nuits en enfer (Pour mieux comprendre, voir mon témoignage ici).
Je me suis battue pendant cinq mois avec le pédiatre pour qu’il m’écoute et qu’il admette que mon fils avait un problème. J’en ai parlé à la sage-femme qui me conseillait d’aller voir un spécialiste car pensait que mon fils avait de gros problèmes digestifs. Une fois le mal identifié, j’ai du insister pour être dirigée vers un pédiatre allergologue. J’ai pris, moi même, l’initiative de prendre rendez-vous, sans attendre le feu vert du pédiatre. Là, la pédiatre allergologue nous a dit que les signes cliniques étaient évidents depuis les deux semaines de vie de mon fils … Si nous étions allées la voir plus tôt, notre calvaire aurait cessé dès les premières semaines.

Puis, au fond du trou, épuisée, n’arrivant pas à reprendre des forces malgré un quotidien plus facile mais toujours intense, j’ai tiré le signal d’alarme au sujet de mon état physique et psychique.
Mon médecin traitant m’a donné des conseils. Nous savons toutes ce qu’il faudrait faire, le problème n’est pas là. La difficulté est de les mettre en œuvre …
Un jour, j’ai craqué psychologiquement. J’ai appelé l’UMP de ma ville (les Urgences Médico Psychologiques, rien à voir avec la politique 😉 ). J’ai eu quelqu’un qui m’a écoutée pendant trente minutes, m’a encore une fois conseillée et m’a proposé de consulter un psy. J’ai refusé, je ne pensais pas en avoir besoin.
Quelques mois plus tard, c’est le physique qui a craqué. Mon médecin traitant m’a mise sous traitement pour les angoisses.
Puis, est venu le moment de reprendre le boulot. Deux semaines avant le jour J, je me suis effondrée. Mon médecin traitant m’a envoyée vers un psychiatre, auprès de laquelle j’ai pu vider mon sac et vers le médecin du travail pour trouver une solution quant à ma reprise d’activité professionnelle. Ce dernier était très sensible au sujet. Il a tout de suite compris la situation, l’a prise en compte et a fait ce qu’il fallait pour adapter mon poste en conséquences.
Simplement le fait d’avoir été écoutée, comprise et que mon mal être soit pris en compte a été un des deux déclencheurs pour que j’aille mieux.

Pendant cette période, j’ai aussi tenté de joindre le numéro vert « allo parents bébé ». Je n’ai pas eu de réponse à mon appel, le standard étant peut être surchargé …
J’ai aussi pensé à me rendre à la PMI. Je ne l’ai pas fait de peur d’être jugée comme mauvaise mère. J’aurais peut être dû passer au dessus de cette peur.
Je souhaitais me rendre au relais parents/enfants d’une ville voisine dans l’espoir de rencontrer des mères dans la même situation que moi. Je n’avais plus assez de force pour faire la démarche.
J’ai envisagé de me rendre dans une association tel que l’Ilot Familles à Nantes. Elle était trop loin, mes angoisses m’empêchaient de me rendre, seule, avec mes enfants, si loin de mon domicile.
Mon dernier recours aurait été de contacter un pôle mère enfants pour tenter d’être prise en charge …

Il existe certainement bon nombre d’autres structures qui peuvent venir en aide aux mères épuisées.

Encore une fois, l’essentiel est de tomber sur la bonne personne alors frappez à toutes les portes possibles, ne perdez jamais espoir. N’ayez pas peur de vous tromper, osez demander de l’aide là où vous pouvez en trouver. C’est ainsi que vous trouverez LA bonne personne !

3 réflexions au sujet de « En parler, oui, mais à qui ? »

  1. THERY Annie

    Bjr,la solution des numéros verts a l’avantage de pouvoir avoir un premier conseil,tout en restant à la maison,quand on est fatigué.Dans les services de PMI,les puéricultrices ou les sage-femmes ont une compréhension sans jugement(normalement) et viennent au domicile.Mais il faut,comme vous dîtes,trouver LA bonne personne.

    Répondre
  2. Ping : Où trouver de l’aide ? | Epuisement maternel

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