Interview de Estamillia

Bonjour Estamillia, tu m’as confié avoir connu l’épuisement maternel lorsque ta première fille est née, merci à toi de nous proposer de partager ton expérience.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 30 ans et 2 enfants de 4 ans et 20 mois (Crawette et Loustic de leurs petits noms sur mon blog), je travaille dans une association et je suis mariée à un pompier (vous la voyez venir la galère de l’organisation des horaires là ?) ^^

Sais-tu ce qui t’a amené à l’épuisement maternel ?

Plusieurs choses :

1/ je m’étais mise une pression énorme genre « je serai la meilleure maman du monde, de toute façon j’ai lu tous les bouquins et fais des études de psycho, c’est obligé que ça sera le top du top ». Et je ne demanderai jamais l’aide de personne, c’est MON BEBE A MOI.
2/ Crawette était ce qu’on appelle dans le jargon un BABI (bébé aux besoins intensifs), qui pleurait beaucoup, beaucoup, beaucoup, et que je ne pouvais même pas poser une minute pour prendre une douche. Je l’allaitais, elle avait des soucis intestinaux. Un million de conseils contradictoires sur leur cause, donc je n’arrivais plus à me nourrir comme il faut. Le cumul…
3/ la reprise du boulot, difficile, très difficile (gestion des horaires, nounou qui nous lâche, restructuration des services merdique, chef pourri…)

Peux-tu nous raconter ton quotidien pendant cette période ? Que ressentais-tu ?

« Je suis trop une bonne à rien », voilà la phrase qui me tournait en boucle dans la tête.
Je m’épuisais à vouloir tout faire parfaitement comme dans les livres et finissais par me rabaisser parce que rien ne marchait sur ce petit bout de bébé.
Pourtant le papa était très présent et participatif, mais j’avais mis la barre tellement haute que lui aussi a fini épuisé…
Je me suis renfermée, je pleurais beaucoup, j’étais hyper-sensible.

Qu’est ce qui a fait que tu as réussi à reprendre des forces ?

J’ai beaucoup trop attendu, l’épuisement a tourné en burn out, qui a tourné en dépression.
Puis j’ai fini par m’écrouler chez mon médecin qui a tout de suite pris les choses en main.
J’ai mis des mots sur ce qui se passait, j’ai avoué que je n’étais pas infaillible et que j’allais mal. Même si je me sentais terriblement coupable de le dire, ça m’a fait du bien au fond.
Je suis allée voir une psy, pour vider mon sac, et réaliser qu’il me fallait du temps pour moi, et rien que pour moi.

As-tu hésité à avoir d’autres enfants ? As-tu eu peur de connaitre à nouveau l’épuisement maternel ?

Je suis un peu une maboule, mais du coup, je me suis dis que j’allais faire le deuxième dans la foulée, histoire qu’après on en ait fini une bonne fois pour toute avec cette période merdique de la petite enfance.
Puis forte de tout ce que je venais de réaliser, je savais que je ne ferai pas les mêmes erreurs pour cette fois.
J’avais une trouille monstre d’avoir encore un bébé « difficile ». Par chance, ça n’a pas été le cas.

Qu’as tu fait pour ne pas sombrer à nouveau lorsque tu es de nouveau devenue maman ? Quels conseils donnerais-tu aux mamans épuisées qui lisent ton témoignage ?

Je dirais qu’il faut apprendre à s’écouter. Il y a une notion importante que je n’avais pas en tête à l’arrivée de Crawette : c’est que le bonheur et le bien être d’un enfant passe aussi par celui de ses parents.
Il faut donc arriver (et oui, ce n’est pas toujours facile) à lever le pied et à passer le relais de temps en temps.
Et il faut apprendre à céder sur les grands principes qu’on s’est donnée AVANT l’arrivée du bébé, et ne garder que l’essentiel. Par exemple, mon principe anti-tétine : j’ai tenu un mois avec Crawette. Un mois pendant lequel c’est moi, mon sein ou mon doigt qui servait de tétine… franchement épuisant !
Donc pour numéro 2, j’ai appris à délégué, à Monsieur Chéri, mais aussi aux grands-parents (qui ne demandent que ça) et à toute personne volontaire pour donner un coup de main.

Merci pour ton soutien et ton témoignage

De rien, j’aurais aimé pouvoir lire ce genre de témoignages quand j’étais au fond du trou et j’espère que mes quelques mots pourront aider d’autres mamans.
Oui, on s’en sort, mais ça n’arrive pas tout seul, il faut savoir avouer qu’on va mal et demander de l’aide.

 

Le blog de Estamillia, c’est ici : Cliquez ici

5 réflexions au sujet de « Interview de Estamillia »

  1. Ping : Maman, et épuisée Assise sur mon volcan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *