Ivre de fatigue

Ivre-fatigue

6h30, le réveil sonne. L’heure de se lever. Son état n’a fait qu’empirer depuis la veille au soir. Pourtant, la nuit aurait dû avoir l’effet inverse. Elle se sent vide, de plus en plus chaque jour. Sortir du lit est un calvaire. Quand bien même elle peut dormir, le sommeil n’est pas récupérateur. Son corps s’est tellement habitué à cet énervement de fond incessant que le repos lui est devenu inaccessible.  D’ailleurs, son organisme ne fonctionne plus correctement. Son estomac est sans cesse noué, la faim ne l’a pas envahi depuis des mois.

Le pied à peine posé au sol, elle retrouve cette sensation d’être sur un bateau. Les yeux fermés sous la douche, le mal de mer serait prêt à l’envahir. Il lui arrive de perdre l’équilibre alors, elle se tient au mur. Cette sensation ne la quitte plus depuis des mois. Lorsqu’elle marche dans la rue, elle a pris l’habitude de longer les murs, le bord du trottoir ou du chemin sinon, elle ne sait plus marcher droit, elle titube. Dans les magasins, elle se crispe tellement au charriot de peur de perdre pieds qu’elle en a des courbatures le lendemain. Il n’est pas rare de la voir s’assoir soudainement. Ses jambes sont incapables de la porter lorsqu’un vertige l’envahi.

Le manque est si important que ses jambes semblent être du coton. Les sueurs froides sont devenues habituelles. Les tremblements sont parfois si importants qu’associés à sa vue brouillée, son champ de vision restreint et les points noirs qui dansent devant elle, il lui est difficile d’être suffisamment précise dans ses gestes sans une concentration maximale.

Son cerveau fonctionne au ralenti. Les réponses aux questions tardent à venir. Elle cherche ses mots et ne les trouve pas toujours.Elle ne sait plus si elle a fait ou dit une chose ou bien si elle l’a simplement pensé. Son cerveau est incapable de retenir quoi que ce soit de nouveau. Réfléchir lui est devenu particulièrement difficile.

Aussi, ses réflexes sont amoindris. Les infractions au code de la route sont de plus en plus nombreuses même si elles restent minimes. D’ailleurs, elle conduit de moins en moins de peur de ne pas être suffisamment réactive mais surtout de ne pas réussir à tenir la route et finir dans le fossé.

Cette femme n’est sous l’effet d’aucune substance (drogue ou alcool). Cette femme est victime des symptômes du manque de sommeil qui l’ont amené à l’épuisement …

11 réflexions au sujet de « Ivre de fatigue »

  1. maud

    J’ai connu le manque de sommeil . Et l’impression de tomber dans un puits sans fond, la culpabilité de ne pas réussir à avoir un enfant « qui fait ses nuits » comme tous les enfants des gens autour de moi .
    La solitude , l’incompréhension , le manque de soutien. Les journées au travail qui sont devenus de véritables calvaires tellement j’ étais épuisée.
    Cette période maintenant pourtant de plus en plus lointaine a laissé des séquelles . Qui ne l’a pas vécu ne peut pas comprendre .
    merci pour votre blog

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    1. misgaufrette

      Je suis dedans aussi depuis maintenant trop longtemps…. on a du mal à croire que l’épuisement puisse provoquer autant de symptômes pourtant à vous lire……… si ! Car j’ai exactement les mêmes symptômes ! Cette anxiété permanente du matin au soir. Je désespère !

      Comment se reposer, se poser quand on a des enfants à gérer au quotidien ?

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      1. MamLucile Auteur de l’article

        Ici, mon mari a pris le relai pour que je puisse avoir des moments rien qu’à moi. Je suis aussi passée outre ma mauvaises conscience pour faire garder les enfants de temps à autre.
        Puis, j’ai expliqué la situation aux garçons.

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      2. Mère Geek

        Aller voir le médecin pour un arrêt de travail officiel. Si vous êtes au foyer, demander au conjoint de poser 2 jours (RTT ou congé) pour que vous puissiez dormir tout vôtre saoûl. Prévoir des bouchons d’oreilles pour le bruit et demander à n’être pas réveillée (fermer la porte de la chambre). Voire si possible retournez dormir chez vos propres parents (ordre du médecin de se reposer à la main).
        Si possible faire garder les enfants, ne serait-ce que par demi-journées.
        Autre idée pour mère au foyer : demander au conjoint de gérer mettre la table le matin avant de partir au boulot, le soir de débarrasser la table et gérer le linge et préparer les repas (qu’il suffira de réchauffer) pour le lendemain.

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  2. mamninou

    Bonjour Mamlucile,

    Lorsque je lis votre article, j’ai l’impression de me voir aujourd’hui. C’est rassurant mais terrifiant en même temps. Peut-on échanger un peu à ce sujet, surtout sur ce que vous avez fait pour sortir de ce cercle vicieux. Cordialement Merci d’avance

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    1. MamLucile Auteur de l’article

      Bonjour,

      J’ai dormi encore et encore. Mon grand est entré à l’école, le petit à la crèche. Je devais reprendre le travail, j’en ai été incapable. Du coup, j’avais du temps pour dormir. Une sieste de 2h le matin et une identique l’après midi en plus de nuits convenables pendant plusieurs semaines. Aussi, je me couchais très tôt. Parfois, j’étais au lit à 20h30 et dormais à 21h.

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      1. mamninou

        Le sommeil a suffit à vous sentir mieux, c’est plutôt rassurant. Vous n’avez pas eu de béquille médicamenteuse si ce n’est pas trop indiscret? Le plus le temps passe plus je me demande comment je vais m’en sortir. Le plus terrible pour moi c’est la perte d’appétit.. Et ces trous de mémoire, j’ai l’impression d’être une autre personne..

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  3. mamninou

    Le verdict est tombé, le burn out s’est installé depuis trop lgts. Les médicaments sont plus que nécessaire ils sont vitales.

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