Je commence à sombrer …

Femme larmes sourire

Femme larmes sourire

Par où commencer ? Je pense que le plus simple est d’essayer de me raconter à partir du moment où ça a démarrer …. sans que moi même je ne m’en rende compte.

Je pense que ça a commencé avant même de devenir maman. Un déménagement loin de toute ma famille , loin de mes  » ami(e)s » afin d’emménager avec chéri. J’étais heureuse de pouvoir être avec lui et je pensais naïvement que les promesses « on continuera à s’appeler, à se voir, on se verra pendant les vacances etc….. » seraient tenues. Mais, loin des yeux , loin du cœur !

J ai passé ma grossesse seule, sans personne à qui me confier. Lorsque j ai appelé, en larmes, celle que je pensais être ma meilleure amie car je devais faire une amniocentèse, celle-ci m’a seulement dit que je n’étais pas la première, que d’autres y étaient passées avant moi et que ce n’était rien avant de me raccrocher au nez … Alors, je me suis renfermée sur moi, dans mon coin, dans un endroit où je ne connaissais personne et où je ne voulais plus faire confiance à personne.

Notre bébé est né par césarienne programmée. Mes premières heures se sont passées à attendre le moment où je quitterais la salle de réveil pour voir mon bébé et mon chéri. 
Bébé à été tout de suite très indépendant, ne supportant pas les bras, se redressant pour ne pas poser sa tête sur nous. J ai été extrêmement déroutée. J ai pensé avoir raté quelque chose. Aujourd’hui encore, il reste très indépendant, pas du tout câlin, loin de tout ce que j imaginais !

J ai tout doucement commencé à m’en vouloir, à me dire que je n étais pas une bonne mère. Petit à petit, j ai changé.  Je suis devenue impatiente , énervée, irritable pour de petits riens, parfois intolérante. Tout le contraire de ce que j étais avant. Tout ce que je détestais.

Notre petite vie à trois a continué avec des hauts et des bas. Chéri voyait mon mal être mais je refusais de l’avouer. Je trouvais toujours des excuses … La fatigue, le boulot, les collègues etc …. Et quand il n’était pas là, je me promettais de changer , de m’améliorer mais je n’y arrivais pas. Je passais par des périodes de pleurs suivies d’indifférence …  Jamais devant lui … Mon énervement et mon irritabilité étaient toujours présentes, trop présentes.

Puis, il y a eu bébé 2. On se dit que ça va tout arranger, que la première césarienne, celle qui nous fait pleurer, celle dont on ne parle jamais, va enfin s’estomper dans votre mémoire. On espère même un accouchement par voie basse, en vain. Deuxième césarienne … Je l’accepte bien finalement ! Bébé est un peu moins  » facile » à cause d’un reflux. Il aime un peu plus être tenu dans les bras mais pas trop longtemps tout de même ! J’essaie d’en profiter au maximum tant que je peux et tant qu’il me le permet.
La vie suit son cours ….

Je suis en congé parental et donc non stop  avec mon bébé … Un jour je me rends compte que je commence à sombrer. J ai toujours été particulièrement sensible, à pleurer devant la petite maison dans la prairie, les pubs émouvantes, les vidéo de chat trop mignons ou les informations mais là, je me rends compte que les larmes montent toutes seules, pour rien, même pour les choses joyeuses. Je me renferme de plus en plus sur moi-même sans essayer d’avoir de contact extérieur. Mon chéri le voit et ne sait pas quoi faire. Mon ainé ne comprend pas mes sautes d’humeurs et mes hurlements sans raison.

D’un seul coup, mon corps est fatigué … Autant que mon esprit … Je n’y arrive plus …

Je vois mon médecin. Je n’ose même pas lui avouer pourquoi je viens et je ne parle que de grande fatigue. Je fais des prises de sang. Au rendez-vous suivant,  j’arrive enfin à lui parler de mon mal être.
Moi qui pensais pouvoir surmonter ça seule je ne le pouvais pas. Je devais agir pour mes enfants, pour mon couple, pour moi .

Pourtant j’ai tout ce qu’il me faut. Un chéri aimant, adorable et super papa, des enfants merveilleux , une superbe maison …

Mon médecin m’envoie consulter un psy. Je le vois quelques jours plus tard. Il prononce le mot : burn-out parental …. Il me dit que j ai bien fait de réagir afin de ne pas en arriver à la dépression.
Il me prescrit un traitement. J’ai dû mal . J’ai hésité à le prendre car j ai une peur bleue de la dépendance mais j’en ai besoin pour le moment. Quand ça ira mieux on verra … Petit à petit je vais avancer vers le  » mieux  » vers le « moi que je souhaite devenir  » … Petit à petit … Grâce au personnel médical, grâce aux personnes qui me soutiennent , grâce aussi aux blogs comme celui d’épuisement maternel qui permettent de ne plus se sentir seule , et de pouvoir se raconter sans être jugée …

Une réflexion au sujet de « Je commence à sombrer … »

  1. Ln.

    Merci de ton témoignage. Tu as très bien réagi. Le suivi psy va beaucoup t’aider à mieux comprendre tes réactions et pouvoir évoluer et quand tu seras prête, tu pourras diminuer le traitement petit à petit. Pour ma part, je vais diminuer les antidépresseurs la semaine prochaine. Devant toi, un nouveau rebond et une vie plus heureuse, c’est chouette non ?

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.