Je veux du repos

Repos

 

Il arrive que certaines mères, pourtant en couple, mènent une vie de maman solo. Quand le quotidien de la famille repose uniquement sur leurs épaules et que leur conjoint est particulièrement exigeant, le repos est inexistant et l’épuisement peut vite s’immiscer dans leur vie. Cette jeune maman nous raconte sa descente aux enfers.

J’étais jeune lorsque je suis devenue maman. Enceinte à 20 ans, j’ai accouché de mon petit Léo avec un mois d’avance (déclenchement par les médecins qui l’estimaient à 1kg 700). Notre petit trésor est né à 37 sa , 45cm et 2.150kg.

Son arrivée a lieue sans une larme, sans un sourire.

Nous étions deux jeunes parents, inquiets de la santé de leur petit garçon.

Après les premiers soins, nous n’avons pas pu faire de peau à peau. Lors de sa première journée, la puéricultrice a refusé que nous le nourrissions nous-même. Elle s’en occupait sans nous laisser la possibilité de le faire.

Lors du deuxième jour, une jeune puéricultrice a pris le relai. Cette fois, elle nous a montré où se trouvaient les biberons et comment les préparer. De quoi me remonter le moral. Le soir, la première puéricultrice était à nouveau de service et a repris son manège : m’obliger à gaver le petit et m’incendier. Lorsque je suis seule, je commence à plonger.

Au bout d’une semaine nous sortons (enfin) et là je me retrouve seule chez moi, le papa étant en déplacement.

Complètement perdue je passe du baby blues à la dépression post-partum.

Les premiers mois ont été un calvaire.  Léo a été victime d’un RGO. Je suis passée par quatre pédiatres avant que l’on m’écoute. Le papa était au travail et je passais toutes mes journées seule avec un bébé qui hurlait du matin au soir. La nuit, mon conjoint ne se levait pas. J’assumais, j’encaissais. Je l’avais voulu ce bébé mais je perdais pied.

Je reprends le travail, quel bien fou. Je sors enfin de cette dépression. Léo va chez la nounou. Je le pense bien. Je me pense bien …

Quelques mois plus tard, tout s’effondre. Il a six mois, il commence à manger des petits suisses. Il ne les digère pas.  La nounou veut me dénoncer aux services sociaux pour mise en danger.

J’assume seule le quotidien, c’est la descente aux enfers.

Je m’effondre à nouveau. Je retire le petit de chez la nounou. Mon compagnon étant au chômage, il s’en occupe. Le hic c’est qu’il se plaint en permanence d’être bloqué à cause de notre fils. Moi, je bosse, fais le ménage, prépare les repas, gère les comptes. Je ne pense qu’au week-end et à ces moments où je pourrais me reposer mais le papa fuit et je me retrouve seule, chaque week-end, avec le petit. Quand le petit est malade, que je travaille le lendemain ou non, je me lève la nuit. Le papa dort profondément ou fait comme si, je n’en sais rien.

Je tombe malade, mon corps dit stop.

Aux 9 mois de Léo, nous obtenons une place en crèche. Je pense que le papa va enfin prendre ses responsabilités et m’aider au quotidien. Je me trompe. Je dois encore tout gérer et je m’épuise, m’épuise encore. Une grippe a raison de moi quelques mois plus tard.

Je subis deux infections des poumons à suivre. Deux mois à lutter pour respirer et toujours aucune aide. Lorsque le médecin me prescrit un arrêt de travail car je me met en danger, mon compagnon a enfin le déclic. Nous échangeons les rôles.

Je peux enfin me reposer. Je savoure et me remets sur pied.

Léo a maintenant 2 ans et demi et je suis revenue au point de départ. Le papa délaisse tout à nouveau. Il travaille d’après midi mais ne lève pas le petit doigt le matin. Je rentre du boulot et c’est ménage tout en m’occupant de notre fils et en préparant le repas  pour mon compagnon pour qu’il dîne en rentrant à 23h.

Je me lève à 6h30 et ne me pose qu’à 00h30 au plus tôt. Le weekend, le papa n’est toujours pas là. Il a besoin de souffler de sa semaine ! Et moi dans tout ça ?

L’épuisement est de retour.

Mon fils est dans la période colérique et d’opposition. Il me pousse à bout. Je pleure. Je cris. Je veux du repos. Je veux sortir entre copines, toute une journée sans le petit, juste moi toute seule.

J’ai craqué. Mon compagnon est rentré à 23h30 et m’a incendiée parce-que je ne lui avais pas préparé son repas … Je me suis mise à hurler. J’ai pris les clés de la voiture et je suis partie ! Pour aller où ? j’ai roulé jusqu’au bureau (Une heure de route), parce que c’est là que je me sens bien, que j’enlève ma peau de maman, femme de ménage, cuisinière, blanchisseuse, comptable, gendarmes, femme, secrétaire, infirmière et j’en passe…

Je suis à bout sans aide de mon compagnon … Je suis épuisée.

4 réflexions au sujet de « Je veux du repos »

  1. ciloucr

    Je te comprends.
    Je suis en congé parental de BB3 et mes 2 grands ont 7 et 6 ans. Je passe mes journées à m’occuper des enfants, des trajets à l’école, des repas, lessives, repassage, ménage… Dès que je veux faire quelque chose, il faut que je m’organise à l’avance pour les faire garder.
    Je ne travail pas donc pas de mode de garde ni de sas de décompression. Mon mari m’a dit « t’es tranquille quand les grands sont à l’école ».
    Le week-end il s’occupe de lui sans savoir si ça me dérange qu’il parte en me laissant seule avec les 3 enfants. Maman est un rôle à plein temps. Je me lève la nuit, m’occupe des rendez-vous médecin…
    C’est fatiguant. Je m’octroie 1 journée par mois sans enfants pour souffler en confiant les 3 enfants à leurs grands-mères. Heureusement qu’elles sont là et elles prennent aussi les grands quelques jours pendant les vacances scolaires.
    Je ne sais pas si mon mari se rend compte de notre fatigue.
    Prends soin de toi., bises

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  2. Caroline S.

    Ce que tu vis est très dur. J’espère que ton compagnon va se réveiller. Sinon, personne de ton entourage ne peux t’aider (une amie, une voisine, un membre de la famille) ? Même une heure hebdo cela te permettrait de te détendre un peu.

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  3. Snorkette

    Bonjour à vous,

    certes j’arrive sur cet article bien après sa publication, mais je me sens à la fois tellement triste et en colère quand je lis vos lignes !

    Je vous conseille très vivement cette lecture (l’article est juste de ce matin) : http://www.gqmagazine.fr/sexactu/articles/par-les-liens-tout-pourris-du-mariage/42049.

    Ca ne parle pas spécifiquement d’enfants, mais on est quand même en plein dans votre problématique. Vous allez voir, ça remet les idées en place.

    Un très grand courage à toutes (bien qu’il soit évident que vous en soyez déjà bien pourvues 🙂 )

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