Jour pour jour

Depuis deux mois que le blog est en ligne, je n’ai jamais abordé ma vie privée, mis à part dans mon témoignage. Aujourd’hui, est un jour très particulier que j’ai envie de partager avec vous.

Aujourd’hui, A. a exactement le même âge que J. quand il est né.
Nous avions commencé à essayer de mettre en route notre deuxième loustic quand J. avait 10 mois. Je suis tombée enceinte de A. quand J.avait 13 mois. Il est né quand J. avait 22 mois et un jour.

A l’époque, je considérais J. comme un « grand », je ne le voyais déjà plus tel un bébé. Avec le recul, je me rends compte que mon impression n’était pas la bonne. Oui, J. était excessivement calme, faisait des phrases depuis ses 19 mois, ses nuits depuis ses 6 semaines, mangeait comme nous depuis 4 mois, écoutait, ne faisait jamais de bêtises, n’avait aucun soucis de santé, tout était facile mais il était bel et bien encore un bébé.
Le quotidien étant de plus en plus facile de semaine en semaine, j’imaginais un avenir sans nuages, sans problèmes. J. était un bébé particulièrement facile à vivre. Je ne le savais pas encore, il n’était pas la bonne référence. En réalité, les bébés ne sont pas si calmes …

Avec le recul et en connaissant un peu mieux « la suite », quand je regarde A., cette fois, je me rends bien compte qu’il n’est encore qu’un bébé, je suis tellement plus réaliste. Quand je le regarde à côté de J., je prends la mesure des évolutions à venir.

Quand je regarde derrière moi et que j’observe le chemin parcouru au long ces 22 mois et un jour, je comprends pourquoi j’étais sur les rotules. Je comprends qu’en réalité, j’avais deux bébés à gérer au quotidien dont un qui était malade et qui souffrait. Je me rends compte de l’énergie que j’ai du fournir, je me rends compte de mes erreurs, je prends conscience de la réalité, je fais face à la vérité que je n’aurais jamais imaginée à l’époque. Alors, je sais pourquoi j’ai souffert d’épuisement maternel, de burnout maternel.

Ce que nous avons vécu m’a retiré le rêve d’avoir un troisième enfant parce que je n’ai plus la force d’affronter un tel quotidien, je suis usée par cette période. Je suis pourtant persuadée que nous saurions mieux gérer la situation.
Et puis, nous ne sommes pas prêts à prendre le risque d’avoir un autre enfant polyallergique même si ce n’est pas une maladie « grave » qui mettrait sa vie en danger.

Quand je vois où nous en sommes aujourd’hui, je suis heureuse, fière d’avoir dépensé autant d’énergie pour le bien être de mes enfants, fière de n’avoir jamais baissé les bras face aux médecins, fière de m’être battue contre les allergies, contre mon épuisement, contre mes angoisses. Je suis fière de voir que mes enfants sont en bonne santé et épanouis.J’ai conscience des cicatrices encore présentes.
Aussi, je suis heureuse d’avoir réussi à faire de cette période une force et d’avoir réussi à mettre en place ce blog pour aider d’autres mères.

Aujourd’hui, je suis une maman abîmée, comblée, heureuse.
On dit que l’avenir est devant soi, qu’il ne faut pas se retourner.
Pourtant, parfois, il est bon de regarder derrière soi pour se rendre compte du chemin parcouru, se faire du bien et reprendre confiance en soi.

Et vous, si vous regardiez derrière vous ? Si vous preniez conscience du chemin parcouru ?

2 réflexions au sujet de « Jour pour jour »

  1. Any

    Et,oui,on pense souvent que le premier est »grand »,je crois qu’on le voit grand ,surtout.Pourtant ce sont de petits bonhommes ou de petites filles que l’on a envie de voir grandir mais,le plus grand est toujours un bébé.Réagir à temps et il retrouvera l’attention qui lui a été un peu « chipée » par le ou la plus petite.Tout revient dans l’ordre et c’est super!

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  2. nana

    Bonjour,
    J’ai eu mon 2e quand le 1er avait 21 mois. Le premier était calme, attentif: à peine un « non » et il arrêtait.
    Le 2e a tjrs été plus sollicité (forcément avec un grand frère à regarder, imiter, embeter…).

    J’ai ressenti le même épuisement, alors qu’aucun n’a eu de problèmes de santé.
    Une seule chambre pour les 2, donc j’ai gardé le 2e 6 mois dans ma chambre, sur le qui vive. Il a fallu ensuite 6 mois dans le salon (donc les soirées étaient écourtées, les films inaudibles pour ne pas réveiller bb2) pour qu’enfin je le mette dans la chambre de son frère. Tjr sur le qui vive.
    Et puis apres plusieurs nuits de réveils en pleurs, bb1 ne se réveillait plus aux pleurs de son frère. ouf!
    Jusqu’à ses 2 ans et demi, bb2 n’a pas fait une nuit sans pleurs.

    J’ai eu 2 garcons, alors forcément l’envie d’une petite fille est là.
    mais NON! je ne veux pas revivre ça.
    la grossesse (qui pour bb2 a été épuisante puisque j’avais des chutes de tension) : Gérer un petit de moins de 2 ans quand on a 8/9 de tension est horrible. J’étais épuisée avant même sa naissance!
    Alors, c’est dommage, mais je n’aurais pas de fille.

    Je revis enfin, grâce au sport, au temps pour moi, et aux enfants qui deviennent de plus en plus autonomes. Je les ai tjr habitués à être débrouillards, ça m’aide maintenant!

    Une ASTUCE aussi: depuis plus d’un an, je dors souvent avec des boules quies.
    Ca m’a sauvé la vie, car même si j’entendais un pleur avant même que mon mari ne l’entende, je l’ignorais. Car quand je mets les boules quiès, ce n’est plus à moi de me lever. JE SUIS EN CONGES!
    J’ai réussi à déculpabiliser, à arrêter d’être indispensable.
    Aujourd’hui, inconsciemment, mon mari a pris le relai. il se lève beaucoup plus que moi la nuit.
    ET CROYEZ MOI J’EN PROFITE ;)))

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