Laisser le temps au temps

Sortir de l’épuisement maternel demande du temps. Plusieurs mois, parfois plusieurs années sont nécessaires. Or, nous vivons dans une société de consommation dans laquelle nous avons pour habitude de tout avoir, tout de suite dès que nous le souhaitons. Alors prendre le temps peut être frustrant et difficile à accepter.

Se soigner de l’épuisement maternel nécessite plusieurs étapes. Je vous parle de celles que j’ai dû traverser. Peut être que vous en avez (ou allez) rencontré d’autres … N’hésitez pas à en parler en commentaire, vous pourriez aider d’autres femmes !

Accepter
Accepter la situation. Accepter que quelque chose de « pas normal » se passe. Accepter que rien ne se résoudra seul, que peut être une aide extérieure est nécessaire.

Réfléchir et trouver
Trouver ces petites choses qui nous feront du bien au quotidien. Trouver quel est l’accompagnement nécessaire. Trouver ce qui nous a mené à cette situation et faire un travail sur soi même. Parce que, oui, l’épuisement maternel relève parfois d’un soucis bien plus profond que ce que nous pensons. Tant que ce dernier n’est pas résolu, il est difficile de se relever.

Oublier
Oublier ses idéaux, la perfection. Ils sont inatteignables. Ils nous épuisent. Ils nous font perdre notre temps. Soyons nous, avec nos qualités et nos défauts, tout simplement.

Tester et se faire accompagner
Tester toutes nos idées pour aller mieux. Oui, toutes les astuces ne sont pas efficaces pour tout le monde. Certaines fonctionneront et d’autres non. Pour d’autres personnes, ce sera l’inverse. Nous sommes tous différents.
Aussi, certaines personnes ont besoin d’un accompagnement médical ou médicamenteux telle une béquille pour les soutenir sur le chemin du mieux être. Certes, ces mots font peur mais il faut savoir les entendre.

Reculer pour mieux avancer
Dans la vie de tous il y a des hauts et des bas alors parfois, il faut accepter de faire un pas en arrière pour mieux avancer ensuite. C’est difficile psychologiquement. Nous perdons espoir puis nous le retrouvons. Au final, nous avançons. Là est l’essentiel.

Consolider
Il est important de consolider ses acquis. Bien que nous allions mieux, il y a une période où nous nous sentons encore fragile. Tout peut basculer à nouveau, à tout moment. Alors nous sommes méfiants, à l’écoute pour ne pas retomber au plus bas.

Cicatriser
L’épuisement maternel laisse des cicatrices. Nous pansons nos plaies mais nous ne pouvons en faire disparaître les traces. Nous continuerons à redouter certaines situations. Mais les cicatrices finissent souvent par s’estomper et avec le temps, elles font partie de nous tout simplement.

Vous pensez toujours que l’épuisement maternel peut se résoudre en un claquement de doigts ? Soyez patientes. Prenez le temps d’aller mieux. Votre mieux être n’en sera que plus solide. Vouloir aller trop vite, c’est prendre le risque de rechuter, de passer à côté de quelque chose d’important qui ne sera pas résolu.

Quand j’étais au plus bas, j’ai cru moi aussi que j’allais aller mieux très rapidement … C’était fin 2012. Il m’a fallu plusieurs mois avant de me rendre compte et accepter que ce que je vivais n’était pas « normal » puis six mois on été nécessaires pour réfléchir, trouver et oublier. Quatre mois plus tard, j’arrivais à me faire entendre des médecins . Depuis un an, je teste, je suis suivie par un psy, je recule parfois pour mieux avancer. Près de deux ans après le début de l’épuisement , je commence à consolider le chemin parcouru. Pourtant, j’ai toujours la boule au ventre et les poils qui se hérissent lorsque mes bonhommes sont de mauvaise humeurs ou ne font que pleurer. Je supporte encore très mal ces journées difficiles.

Deux ans pour aller mieux. Deux ans mais toujours des fragilités. Deux ans.

2 réflexions au sujet de « Laisser le temps au temps »

  1. cricrinana78

    C’est un long combat, et dur de voir que l’on souffre de ça. Car la dépression est reconnue mais pas l’épuisement maternel. On m’a dit que j’allais avoir un long suivi. Je vous ferai part de mon expérience dès que j’aurais assez de recul. En tout cas bon courage à toutes les mamans qui se retrouvent dans cette situation et n’hésitez pas à en parler au généraliste. Et si vous avez des CMP, centre médicaux psychologique, y a des psychologues et des psychiatres et des infirmiers à votre disposition et c’est gratuit.

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  2. maud

    Oh oui, c’est long … Oh oui, ça laisse des traces indélébiles même si tout va mieux . J’ai l’impression d’avoir changé en profondeur à cette époque . J’ai appris à me protéger, à aller à l’essentiel , à me ménager . C ‘était une question de survie . La conséquence, c’est avoir fait le vide autour de soi, par manque d’énergie et par besoin d’être entourée de personne vraies .

    Merci merci pour ce blog qui met des mots si honnêtes sur tout ce qu’on peut ressentir .

    Ce qui m »a le plus marqué , c’est la solitude dans laquelle on se trouve , le sentiment de culpabilité immense . L’indifférence des gens autour de soi. Les appels au secours qui restent sans réponse . L’incompréhension.

    Ce qui m’a sauvée , c’est la psychologue que je suis allée voir après être allée voir homéopathe, ostéopathe , pédo psy …. pour ma fille qui hurlait toutes les nuits inconsolable depuis 1 an et demi . Elle m’a déculpabilisée, écoutée sans me juger , apporté un regard bienveillant sur moi-même .

    merci beaucoup .
    MAUD

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