Les clés de l’épuisement maternel par Diane Ballonad (Zen et organisée)

Diane Ballonad

Crédit photo : Barbara Rolland Photographie

J’ai découvert Diane alors que j’étais au plus profond de l’épuisement. J’ai commencé à « feuilleter » son blog, à naviguer d’un article à l’autre. J’y ai puisé de précieux conseils. Je les ai testés, appliqués, adaptés à mes besoins, ma vie, mon fonctionnement. Ils m’ont aidé à me sentir mieux, à remonter la pente petit à petit. Alors j’ai eu envie de vous la faire découvrir à votre tour.

Diane nous parle d’elle, du burnout maternel mais surtout, elle répond à trois des questions dont vous m’aviez fait part il y a maintenant quelques semaines.

Je vous laisse la découvrir au travers de cette précieuse interview.

Bonjour Diane,

Pour nos lectrices qui ne te connaitraient pas encore, peux tu te présenter ?

Je m’appelle Diane, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation personnelle et Gestion du temps. Mon expertise est d’aider les femmes débordées, fatiguées et stressées par les contraintes de la vie quotidienne à se réapproprier leur temps et à mieux  s’organiser :

« Comment faire pour tout concilier, et surtout, pour prendre du temps pour moi,  concrètement et sans culpabiliser ? »

J’invite ces femmes à ne pas s’oublier dans les différents rôles qu’elles assument au quotidien et à prévenir l’épuisement, qu’il soit maternel ou professionnel. J’interviens sous différentes formes : ateliers collectifs (en présentiel ou en ligne), formations inter ou intra entreprises, coaching individuel ou conférences.

Je suis également l’auteure d’un livre, « Envie d’être zen et organisée ? », paru en janvier 2013 aux Editions Tournez la page (collection « Femmes actives ») et je travaille actuellement sur un second livre qui paraîtra en octobre prochain chez Eyrolles dans la merveilleuse collection « J’arrête de » et qui portera sur la procrastination !

Et j’anime enfin un blog depuis 2010, www.zen-et-organisee.com, qui réunit chaque mois plus de 26 000 femmes (et probablement quelques hommes aussi !).

J’allais oublier : j’ai 41 ans, je suis mariée et je suis maman de 3 enfants, deux filles de 16 et 5 ans, et au milieu, un gars de 13 ans !

Tu es l’auteur du précieux blog « zen et organisée ». Quel est son objectif ?

Il n’a pas d’objectif particulier si ce n’est d’offrir, à travers des articles, des interviews, des billets d’humeur, des ateliers interactifs en ligne aussi, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l’épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.

Une phrase résume bien, à mon sens, l’esprit du blog.

« Face à l’accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps ! »

Au-delà du contenu, ce qui compte pour moi, c’est qu’on s’y sente bien, qu’on ait envie d’y déposer ses valises, d’y trouver de la douceur, de la chaleur, de la bienveillance, de l’espoir, des envies…

Pourquoi as-tu choisi cette voie ?

Je ne sais pas si j’ai choisi cette voie ou si c’est elle qui m’a choisie !

La gestion du temps en particulier a toujours été une préoccupation forte chez moi, y compris jeune. Le temps me passionne, sous toutes ses formes ! Bref, je me suis toujours, depuis ma vie d’étudiante, beaucoup intéressée à tout ce qui touche à l’organisation et à la gestion du temps et ça m’a plutôt bien servie dans ma vie professionnelle puisque j’ai longtemps travaillé dans la communication et les Relations-Presse en agences sur Paris, que j’ai été chef d’entreprise très jeune et maman pour la première fois à peu près au même moment. Autant dire que je connais sur le bout des doigts les problématiques de conciliation des temps car je les ai vécues dans ma chair (si j’ose dire !). Je crois que je n’aurais pas pu faire tout ce que j’ai fait à cette époque si je n’avais pas été organisée ni su, autant que possible, gérer mon temps…

Et finalement, ce que je fais aujourd’hui, je crois que je le porte en moi depuis des années. Mais c’est en 2010 que j’ai pris la décision de formaliser mon projet et de me lancer, tout en continuant, au départ, à travailler dans mon poste salarié. Depuis, j’ai quitté mon poste de Responsable de la Prévention en RH pour me consacrer à temps plein à Zen & Organisée et à mes activités de formatrice (Gestion du temps, Gestion du Stress, etc.).

Si je te dis « épuisement maternel », qu’est-ce que ces termes t’inspirent ?

Tous pleins de choses évidemment puisque c’est ce qui a motivé au départ la création du blog et de mon activité. En 2010, il était encore peu question du burn-out maternel, encore mal connu (encore moins qu’aujourd’hui) et j’avais envie de contribuer, à mon niveau, à mieux faire connaître le phénomène parce qu’ayant moi-même été confrontée au burn-out maternel, j’avais déploré le peu de ressources et l’absence de solutions, voire de pistes de solutions en la matière. Le livre de Stéphanie Allenou, Mère épuisée, n’était pas encore paru, il existait uniquement comme base de référence le livre de Violaine Guéritault, La fatigue émotionnelle et physique des mères.

Aujourd’hui, on en parle de plus en plus, comme sur ton blog qui lui est entièrement consacré, et c’est une excellente chose car plus nous serons nombreux à parler de ce qu’est l’épuisement maternel et surtout de ce que l’on peut mettre en place pour le prévenir OU pour s’en sortir, plus les mères et les pères concernés (car oui, certains pères sont aussi concernés) sauront identifier suffisamment tôt ce qui leur arrive, mettre des mots dessus et agir pour rebondir.

Tu es mère de 3 enfants. As-tu connu ou touché du doigt le burnout ?

Oui, pour être précise, j’ai frôlé le burn-out, qui était plus un mixte entre burn-out maternel et professionnel. J’étais encore maman de (seulement) 2 enfants, je travaillais à temps plein et mon mari, insuffisant rénal, dialysait encore (il a été greffé depuis) trois fois par semaine pendant 5 heures dans un centre de dialyse, après son temps plein. Il était donc absent trois soirs par semaine (il rentrait à minuit) et je devais gérer un boulot prenant, les deux enfants qui devaient avoir 4 et 7 ans environ et la gestion de tout le reste. La fatigue physique mais surtout psychique s’est progressivement installée et je me souviens avoir la sensation à cette époque de ne plus en pouvoir, tout simplement. D’un naturel somme toute entreprenant, j’avais trouvé le courage d’aller consulter mon médecin traitant d’alors pour lui dire que je n’en pouvais plus (c’était ni plus ni moins un appel à l’aide car je ne savais absolument pas quoi faire et je me sentais démunie), sans toutefois oser (trop fière pour ça à ce moment-là mais si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seule seconde) demander un arrêt de travail.

Mon médecin, après m’avoir écoutée, m’a dit : « Madame Rolland, vous faites un surmenage. Levez le pied. Voulez-vous que je vous prescrive des vitamines ? » Et c’est tout. Je suis repartie comme je suis venue, avec la sensation qu’une fois de plus, j’allais devoir me débrouiller seule pour « tenir le coup » et assurer le quotidien que j’avais de plus en plus de mal à assurer. Ce que je fis. Une fois de plus. Peut-être une fois de trop.

De ce rendez-vous sont nées une prise de conscience et une (grosse) colère qui sont à l’origine de tout ce que je fais aujourd’hui.  J’ai voulu créer, à ma modeste échelle bien sûr, ce que j’aurais voulu trouver à ce moment-là, ne serait-ce qu’un espace pour parler, me confier, échanger avec d’autres femmes qui sont dans ces mêmes problématiques, me sentir entendue, écoutée, comprise. C’est ainsi que j’ai conçu, imaginé, créé mes tous premiers ateliers.

Quelques confidences sur tes secrets pour ne pas s’épuiser au quotidien lorsque nous sommes parents ?

Vaste question, il n’existe pas une seule bonne réponse et je suis contre les recettes miracles toutes faites qu’il suffirait d’appliquer à son contexte pour que cela fonctionne. C’est plutôt, à mon sens, le fruit d’une réflexion personnelle, en fonction bien sûr des marges de manœuvre dont on dispose et des contraintes avec lesquels on doit composer. C’est tellement variable d’une personne à l’autre !

Cela étant, si j’avais un conseil à donner, ce serait de se remettre à l’écoute de son ressenti. Réapprendre en quelque sorte à faire confiance aux signaux que notre corps, ou notre esprit, nous envoie, qu’il s’agisse de signaux de fatigue, de besoins non satisfaits qui ne demandent qu’à s’exprimer, d’aspirations étouffées, etc. Ce qui compte avant tout, c’est de ne pas s’oublier au détriment de ses enfants. Je crois qu’on ne rend pas service à nos enfants en négligeant nos propres besoins. On peut se poser une question toute simple par exemple : « Qu’est-ce qui est nécessaire à mon équilibre ? » ou encore « De quoi ai-je besoin, finalement, pour me sentir bien ? » Car quand je me sens bien, je suis aussi plus disponible pour mes enfants, et pour les autres.

Quelle est ta philosophie de vie ?

Ouff, je ne sais pas si j’ai une philosophie de vie, si ce n’est celle de se faire confiance, d’oser et de vivre pleinement sa vie car la vie est courte et merveilleuse. J’ai malheureusement perdu plusieurs personnes très proches dans ma vie, dont certains relativement jeunes, et je connais plus que jamais la valeur de la vie. Je n’ai pas de grands principes de vie, je suis plutôt guidée par des valeurs comme le respect, la bienveillance, l’amour, la confiance (oui, je sais, ça fait très guimauve), je suis quelqu’un de simple qui n’aime pas les gens compliqués, qui a choisi de vivre une vie sur-mesure, qui lui ressemble, et qui a surtout choisi de ne pas renoncer à ses rêves. Je me sens aujourd’hui parfaitement à ma place.

Équilibre, vraies priorités, réappropriation du temps sont ton leitmotiv. Mieux être, sérénité et épanouissement sont nos objectifs communs. Peut-être pourrais-tu aider les lectrices du blog en répondant à 3 de leurs questions …

1> Comment positiver au quotidien lorsqu’on est en plein épuisement ?

En se disant, même si ce n’est pas toujours facile à faire quand on est en plein dedans, que de nombreuses autres personnes sont passées par là et s’en sont sorties, parfois avec l’aide d’un spécialiste comme un psychologue (et il ne faut surtout pas avoir honte de demander de l’aide et de franchir ce pas, bien au contraire).

En se disant également qu’après un épisode d’épuisement, on sort généralement grandi(e) et plus fort(e) de cette épreuve (après un certain temps bien sûr) car cela nous amène à reconsidérer le sens que l’on souhaite donner à notre vie et à redéfinir nos vraies priorités.

2> Comment profiter de chaque instant et retrouver une vie de famille normale malgré la fatigue extrême ?

Difficile là encore de donner une seule réponse mais on peut y parvenir par exemple en développant notre présence à soi et aux autres, en étant davantage présent à ce que l’on fait et avec qui l’on est.
Cela implique de limiter les comportements multitâches, y compris à la maison, de retrouver le plaisir de se livrer à une seule chose à la fois (autant que possible car avec des enfants en bas âge, ce n’est pas toujours facile).
Une bonne manière d’y parvenir est d’être un peu moins dans le faire (ménage, rangement, courses, enfants, passer d’une tâche à l’autre sans se poser, etc.) et un peu plus dans l’être : se poser une demi-heure et prendre le temps de faire un câlin avec son enfant, ralentir le tempo de temps en temps, s’autoriser à faire une sieste et à buller si on se sent trop fatigué(e), réinventer progressivement sa vie de famille en imaginant de nouveaux rituels familiaux qui font du bien et remettent du plaisir dans le quotidien fait le plus souvent d’obligations et de contraintes temporelles.

3 > Quelles sont les choses essentielles à mettre en place pour sortir du burnout maternel ?

Les deux points essentiels, que j’avais mis en avant d’ailleurs dans un billet d’août 2013, Burn-out maternel : quelques pistes pour s’en sortir, étaient sans hésitation :

  • Oser demander de l’aide.
  • Rompre l’isolement.

Mais on peut également s’interroger sur ce que peut faire l’entourage, le conjoint d’abord, mais aussi la famille, les ami(e)s.

Un dernier conseil pour nos lectrices ?

Prenez soin de vous d’abord, placez-vous dès aujourd’hui au cœur de vos priorités, et soyez convaincue que vous le méritez ! Parce que vous le méritez, il n’en fait aucun doute.

Enfin, dites-vous plus souvent : « Je fais ce que je peux ! » Et c’est déjà pas mal.

Si tu as quelque chose à ajouter, c’est maintenant !

Non, rien à rajouter, je crois que j’ai déjà été bien longue 😉 Si ce n’est un grand merci pour cette invitation ! En général, c’est moi qui interviewe sur mon blog et j’ai rarement, finalement, l’occasion de m’exprimer en retour et de me dévoiler un peu plus.

Merci Diane pour tes précieux conseils.

Merci Lucile !

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