Longtemps, j’ai cru qu’il n’aimait pas la vie

C’est lors de son arrivée que tout a commencé.
La descente aux enfers, les angoisses, les nuits blanches, les journées infernales, l’épuisement, les cris, le bruit, la douleur.

Un enfer qui a duré presque 18 mois.
Près d’une année pour en sortir, pour se reconstruire, pour nous construire ensemble, lui et moi.
Un été passé en famille à découvrir un petit garçon bien différent.
Jamais je n’aurais cru qu’il en serait ainsi.

Bébé, il ne dormait pas, pleurait sans cesse, digérait mal, refusait d’être allongé, ne souriait que très peu et uniquement à son frère, ne faisait pas de câlins, n’avait pas de patience, arrivait difficilement à s’adapter, mangeait dans la douleur, voulait passer ses journées et ses nuits contre nous, parce que seule la chaleur de nos corps pouvait l’apaiser.
Longtemps, je me suis inquiétée pour son devenir. Longtemps, j’ai cru qu’il n’aimait pas la vie.

Mon cœur de maman était déchiré, en miettes, je ne savais plus quoi faire pour le rendre heureux.
Alors je me suis battue encore et encore pour que les médecins nous écoutent, pour le soulager,  pour le faire rire, pour qu’il accepte de prendre un peu d’indépendance, pour que son état de santé s’améliore, pour que la vie lui donne envie de l’aimer.

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Pendant ces six semaines de vacances, j’ai pris le temps de l’observer et de savourer ce qu’il est devenu.

Il est un petit garçon plein de joie et d’énergie qui aime faire le clown, rire aux éclats, nous faire des farces, nous faire rire, s’amuser, jouer, courir. Il est particulièrement autonome, très résistant à la douleur et il gère ses allergies avec une maturité incroyable. Jamais il ne se plaint de ne pouvoir manger comme les autres, jamais il ne fait une colère pour avoir un plat qui ne lui est pas autorisé. Il suffit de lui dire qu’il souffrira s’il cède à la tentation pour que la raison prenne le dessus sur l’envie.

Ce petit bonhomme croque la vie à pleines dents et nous transmet sa gaieté à chaque instant. Il suffit de le regarder sourire, l’entendre rire aux éclats, l’écouter chanter, craquer face à ses « je t’aime », savourer ses tendres bisous et profiter de ses câlins à rallonge.

Mon fils a tout juste deux ans et pourtant, je suis déjà si fière de lui. Fière de ce qu’il est devenu malgré ce qu’il a affronté, de sa force de caractère, de son étonnante indépendance. Il est désormais mon rayon de soleil même s’il me fatigue encore beaucoup avec son énergie incroyable, son goût pour la patouille et le déménagement, sa rapidité pour s’éclipser et se sauver.

Notre lien mère-fils était si fragile pendant des mois. Il est devenu si puissant.
Ces six semaines passées ensemble n’ont fait que le renforcer.

Tous nos problèmes ne sont pas résolus mais nous avançons chaque jour un peu plus loin.
A chaque pas, nous nous éloignons un peu plus de l’épuisement.
Tout est encore fragile, nous devons rester vigilants.

Je l’aime mon fils.
Je les aime mes fils.

MamLucile

Pour relire mon premier témoignage, c’est ici.

3 réflexions au sujet de « Longtemps, j’ai cru qu’il n’aimait pas la vie »

  1. mamoyo

    Vous avez un énorme courage, votre témoignage est si touchant.
    Bravo à vous et même si votre guérison n’est pas totale, vous êtes
    sur le bon chemin. Courage

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  2. petiteyaye

    Je tire la même conclusion de ce douloureux épisode de nos vies : nos liens n’en sont devenus que plus forts aujourd’hui, ils sont tissés dans un fil indestructible qui a traversé les pleurs, les douleurs, la fatigue, les hurlements, l’épuisement, les doutes, les plus bas que bas, la souffrance et la souffrance de ne rien pouvoir y faire, l’incompréhension, la terreur, le désarroi, l’isolement, la descente aux enfers et bien d’autres sentiments qui je l’espère sont loin derrière nous !

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  3. Marine de Twinsavenue

    C’est drôle car je suis en train d’écrire un article sur mes fils presque identique au tien…
    Mes jumeaux ont 2 ans et ils ont été horribles jusqu’à leurs 1 an puis s’est allé de mieux en mieux… Ce sont des BABI (bébés aux besoins intense) et je les reconnais totalement dans la description de ton fils bébé et à 2 ans… Je ne les voyais que comme des monstres qui étaient là pour me pourrir la vie… J’ai fais un épuisement maternel et je ne suis pas passé loin du drame (j’en étais venu à les détester) Pourtant moins d’un an avant leur naissance nous perdions leur grand frère de mort subite.. Je savais la valeur d’un enfant et celle de la vie..
    Personne, aucun médecin ni psy n’a su m’aider… Je m’en suis sortie avec le temps…
    Bonne journée à toi!

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