Mechante

Méchante mère

Mechante

Il a presque 4 ans. Il est en pleine phase d’affirmation de soi et nous le fait savoir. Depuis une dizaine de jours, il accumule les crises, colères, caprices, contradictions. Le climat est plus que tendu à la maison mais nous ne lâcherons rien quitte à passer pour les méchants parents.

De la purée pour dîner, il veut des pâtes. Son père s’occupe de lui, il veut sa mère. Il est l’heure d’aller se laver les dents, il refuse. Prendre la douche, il n’en a pas envie, plus tard. Il n’y a pas assez d’eau dans son verre. Finalement, il y en a de trop. Il trouve toujours une bonne raison de faire une crise. Il hurle alors que nous avons besoin de calme et d’apaisement. Il se met même parfois en colère avant d’entendre notre réponse à sa requête qui s’avérait positive !

Petit bonhomme : JE VEUX ça !
Moi : Non
Petit bonhomme : T’es méchante Maman
Moi : Je ne suis pas là pour être gentille mais pour être ta mère et t’éduquer correctement
Petit bonhomme : T’es pas ma mère
Moi : Oh si et crois-moi, je m’en souviens !

Après le terrible two, la phase de l’opposition, celle de l’affirmation de soi nous demande elle aussi une sacrée dose d’énergie et de patience. Presque chaque matin, j’arrive au travail dans un état intérieur lamentable. Après une heure passée à gérer les crises à répétition, je bouillonne de l’intérieur, une sorte de brûlure qui me ronge, je suffoque, mes mains en tremblent, je n’ai déjà plus d’énergie. Je ne supporte pas une telle atmosphère. Nous avons tous besoin d’apaisement.

Nous avons tout essayé. La patience, la gentillesse, la fermeté, les punitions, les explications, la communication. RIEN n’a fonctionné. En bon breton, mon fils est têtu !

L’entendre me dire que je suis méchante et que je ne suis pas sa mère ne me touche absolument pas. C’est peut être parce que l’adolescente, ingrate que j’étais, répondait à ses parents refusant de lui céder « Je suis sûre que vous n’êtes pas mes vrais parents, vous m’avez adoptée ».

Malgré notre fermeté, le comportement de petit bonhomme n’a cessé de se dégrader. Nous avons dû passer à la vitesse supérieure et jouer, à contre cœur, aux parents vraiment méchants.

Nous l’avions prévenu depuis plusieurs jours. S’il continuait ainsi, il n’irait pas jouer avec les copains et pic-niquer au parc de jeu intérieur. Vous savez, cet endroit qui ressemble à une fourmilière et où il est impossible de s’entendre parler mais où nos trublions sont toujours ravis de se rendre !  Nous y avons cru mais non … Ce samedi matin, les comédies ont commencé à peine un pied posé à terre, à 7h. La veille au soir alors que la fin d’après-midi s’était bien déroulée, tout avait basculé à nouveau.

Nous n’avons pas eu le choix, il fallait marquer le coup. Il devait comprendre qu’il y a des limites à respecter, un cadre à ne pas dépasser. Je suis partie seule avec son grand-frère. Il était triste, en colère. Il a pleuré, hurlé. Je lui ai fait un gros câlin. Je lui ai expliqué que nous comprenions sa tristesse et sa colère. Nous lui avons rappelé qu’il avait été prévenu depuis plusieurs jours de l’éventualité de cette punition à cause de son comportement fait de colères et de hurlements pour un oui ou pour un non. Je lui ai aussi dit que je l’aime très fort.

Je suis partie, le cœur serré. J’ai vraiment failli craquer et l’emmener avec nous. C’est la première fois que j’ai cette sensation.

J’ai retrouvé un bonhomme ravi de la journée passée avec son papa, de bonne humeur, guilleret. Depuis, il est apaisé, calme et n’a plus fait de colères monstres. Il semble qu’il ait compris. C’est d’ailleurs ce qu’il nous dit quand nous abordons le sujet avec lui.

Aux grands mots les grands moyens. Dans la vie, il y a des règles à respecter et c’est à nous les inculquer à nos enfants. J’ai été une méchante maman pour le bien de mon enfant, je ne suis pas pour autant une mauvaise mère.

Une réflexion au sujet de « Méchante mère »

  1. doublerose

    ce fut la même chose chez nous au même âge è j’avoue que ça me rassure de lire que d’autre vive cela aussi car ce fut d’autant plus difficile à vivre que cette phase arrivant 9 mois après la naissance de Rose, j’ai énormément culpabilisé.
    Un bon bouquin : « l’art d’apaiser son enfant » de Bartoli : des contes et de la visualisation. ça marche pas mal.
    En ce moment je teste aussi la méditation avec « calme et attentif comme une grenouille ».

    courage ! ce n’est heureusement qu’une phase…

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