hospitalisation

Mon organisme était en piteux état

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La semaine dernière, je vous expliquais que votre organisme et ses dysfonctionnements peuvent être à la source de votre épuisement. Il faut savoir les accepter et laisser le corps se remettre en bon état de marche. Le témoignage de cette lectrice illustre particulièrement ces propos.

Par où commencer …

Mon mari et moi avions décidé que j’accoucherais à domicile. Nous sommes très porté sur le naturel. Je voulais une grossesse zen, pas trop médicalisée et par conséquent accoucher à la maison. Nous l’avons caché à la majeure partie de nos proches car nous pensions qu’ils allaient  nous stresser plus qu’autre chose et n’avions pas envie d’argumenter sans cesse notre choix.
J’ai fait une préparation pendant 9 mois pour accoucher par auto-hypnose. J’ai suivi des séances avec une kinésiologue formée à l’hypno-naissance. J’ai travaillé sur moi, j’ai marché, médité, fait mes exercices d’hypnose.

Tout se profilait bien

J’ai eu une grossesse sans problèmes, une tension parfaite. J’ai pris 11kg et à part de la fatigue et quelques maux digestifs, je n’ai pas connu de désagréments. Le 9 décembre 2015, vers 23h, la poche des eaux s’est fissurée. Branle bas de combat à la maison. Mon homme prépare « la zone » et 14h plus tard ma fille était posée sur mon ventre. Elle est née le 10 décembre à 13h28, dans mon salon.

Les huit dernières heures de travail ont été très intenses, très fatigantes. Après mon accouchement, j’avais particulièrement
besoin de repos. Mais il y a la suture du périnée (3 points externes et 3 internes), les « lochies » pendant des jours, les
contractions de l’utérus et les organes qui se remettent en place. Il a aussi fallu que l’allaitement se mette en place et bien entendu, que je m’occupe de notre fille.

Alors que notre corps demande grâce et repos, nous le sollicitions encore

La mise au sein a été difficile. Bébé ne trouvait pas le téton. Finalement nous a utilisé une téterelle qui a provoqué des  crevasses. J’allaitais les tétons en sang. J’en pleurais de douleur. Finalement la position de bébé a été rectifiée et les crevasses se sont soignées mais j’ai commencé à avoir de la fièvre. Le médecin a attribué ça à ma montée de lait tardive, puis, j’ai fait des engorgements surtout un gros à droite. On pensait que c’était la source de la fièvre qui n’avait toujours pas disparue.

Cette mastite au sein droit ne se résorbait pas malgré les recommandations. 15 jours après la première fièvre, je montais à 39,5°. J’ai enfin été hospitalisée pour m’opérer d’urgence d’un abcès du sein. L’infection était due à un staphylocoque doré qui était passée dans le sang … Quelques jours plus tôt j’y étais allée en demandant à être hospitalisée car j’étais EPUISEE et que mon sein n’allait pas mieux.

Mon sein faisait la taille d’un ballon de rugby, était rouge, saillant.

Je n’en pouvais plus. On m’a renvoyée chez moi pour finalement m’opérer une semaine plus tard en urgence donc … Je suis entrée à l’hôpital le 31 décembre (super réveillon !), opérée le 2 janvier et sortie le 5 janvier. J’avais une cavité de 4,5 cm dans le sein droit avec une plaie vraiment pas jolie en surface. J’ai eu des soins quotidiens pendant 4 semaines à la maison.

Parallèlement, j’ai été gavée d’anti-inflammatoires et d’antibiotiques pendant 2 mois. J’ai également pris un dérivé de la morphine pendant la première semaine de soins car c’était trop douloureux.

J’ai continué à allaiter ma fille malgré tout

On m’avait fortement déconseillé d’arrêter l’allaitement car il fallait résorber l’œdème au sein droit, disaient-ils.
J’ai eu tellement peur que le problème revienne à nouveau que j’ai préféré continuer à allaiter.

3 semaines plus tard, c’est le sein gauche qui a fait des siennes et je me suis retrouvée avec une mastite (inflammatoire cette fois) qui ne guérissait pas. J’avais une grosse boule de lait qui était coincée, stagnait… Un matin je me lève, j’allaite (cela était très douloureux) et puis je me rends compte que je n’ai plus mal d’un coup. Je demande à mon mari de regarder et en fait la boule de lait était sortie toute seule… En perçant ma peau … Je me retrouvais donc avec une plaie à l’autre sein. Heureusement pour moi, il n’y avait pas d’infection mais il aura fallu 4 semaines pour la soigner.

 Je devais cesser de tirer sur la corde

Fin mars, je termine (enfin) cet épisode par 2 seins amochés, une grosse cicatrice sur le droit et l’organisme plein de substances chimiques à cause des traitements. Je suis épuisée. L’allaitement y a aussi contribué. Le 10 février 2016, j’ai pris la décision d’arrêter. Si je continuais, j’allais finir hospitalisée pendant une longue période à
dormir, de force, grâce à des calmants.

Mon gynécologue m’a finalement expliqué que j’avais une surproduction de lait difficile à gérer. Je produisais assez de lait pour nourrir 2 bébés …

Aujourd’hui, je fonctionne au radar comme un robot car la fatigue et le stress accumulés sont bien présents. Je fais les choses parce qu’elles doivent être faites mais je ne rêve que d’une chose : DORMIR.

Mon corps me dit : »dors »

Maintenant que tout s’est calmé, j’ai le contrecoup et mon mari voit bien que j’ai besoin de repos donc il me laisse un peu plus « siester » en journée ou me lever un peu plus tard le matin. Je pleure souvent parce que je suis épuisée. Je m’endormirais n’importe ou en faisant n’importe quoi. C’est très difficile car j’ai envie d’être « à fond » pour ma fille, de ne manquer aucun
moment avec elle, de m’en occuper, de partager tous les moments au quotidien avec elle mais mon
corps me dit : DORS DORS ET DORS encore…

J’essaie de trouver un compromis et surtout de me faire une raison. Je me dis que j’ai fait tout ce que je pouvais pour allaiter ma fille, que j’ai tout donné, que c’est normal d’être fatiguée après tout ce que j’ai vécu sans pouvoir me reposer. J’ai été
particulièrement stressée (moi qui déteste les hôpitaux et les médicaments). Ça a été une période très éprouvante.

J’évacue mes angoisses avec l’écriture

J’ai par ailleurs perdu ma mère à l’âge de 6 ans. Elle a eu un accident de voiture. Ma pire crainte est qu’il m’arrive quelque chose et de laisser ma fille. Pour faire face à tout cela, j’écris un livre sur la maternité. Il sera un mélange de récits  autobiographiques, de conseils, anecdotes et ‘illustrations humoristiques.

Merci de m’avoir lue.

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