Quand le sort s’acharne #1

Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail d’une lectrice qui avait besoin de se confier, de témoigner, de vous raconter son histoire de mère, de femme pour qu’elle puisse, peut-être, servir à d’autres.

Son témoignage ne peut se résumer à un unique article. Je vous propose de le partager avec vous sous une forme inédite. Trois articles y seront consacrés. Ils seront publiés chaque mercredi durant trois semaine. Bonne lecture.

Taxi

Je suis maman d’une fille de 10 ans et d’un garçon de 7 ans 1⁄2. Je suis aujourd’hui séparée du père de mes enfants. Je l’ai rencontré dans l’année de mes 19 ans alors que j’étais encore étudiante. Nous avons emménagé ensemble un an plus tard et avons déménagé très rapidement dans le département où je vis actuellement. Il avait l’opportunité d’y réaliser son projet professionnel.

Je l’ai épaulé dans toutes ses démarches. Je me suis investie tant moralement que physiquement au fil des mois. Mes journées étaient surchargées entre mon travail à l’extérieur, l’aide apportée chez moi, la maison, les problèmes financiers qui s’accumulaient, etc…. Je me suis usée. Au départ, je l’aidais seulement physiquement mais le voyant baisser les bras de jours en jours, j’ai supporté le poids de la gestion des soucis financiers, les huissiers, etc…

Au bout de neuf mois à plein régime, j’ai fait une dépression, ce qui m’a valu un mois d’arrêt de travail, médicaments et suivi psychologique. Quelques semaines plus tard je suis tombée enceinte, j’avais 21 ans. Cela m’a permis de me sortir du système des médicaments mais j’étais toujours suivie de près par un psychologue.

La grossesse s’est bien passée mais la non responsabilité de mon conjoint face à son projet professionnel et tout ce qui en découlait m’ont rendu la vie relativement difficile. Avant que ma fille naisse, je ne savais même pas comment nous allions faire pour subvenir à ses besoins. C’était l’horreur ! Mais je ne pouvais compter que sur moi-même ! Angoisse, stress, peur étaient omniprésents en moi. Je n’avais aucun soutien !

Lorsque ma fille est née, je n’avais plus de travail. J’ai pu m’en occuper pendant 11 mois tout en gérant le reste. Le quotidien était mêlé d’angoisse, de peur. Ma fille me donnait de l’espoir, du positif dans cette vie si compliquée. Elle était adorable, posée, calme. Un vrai bijou ! Tout reposait sur moi et uniquement moi ! Le papa n’avait pas de travail régulier à l’extérieur. Les entrées d’argent étaient très restreintes. J’ai trouvé du travail quand ma fille allait avoir 11 mois. J’ai dû procéder à la recherche d’une nourrice en une semaine car le papa ne s’occupant que très très peu de sa fille, était incapable de la gérer seul. Ce travail a été une ouverture sur une éventuelle nouvelle vie ! Il m’a permis d’avoir des contacts extérieurs, de voir des gens, de me changer les idées pour me sortir de ma maison et y laisser les soucis, d’avoir un peu plus de stabilité et un nouveau logement pour pouvoir repartir sur de bonnes bases.

Pendant une année, tout était très compliqué. Puis, une partie des soucis professionnels du père de mes enfants a pu être réglée par la vente des installations et de la maison. Le moral était là mais j’étais fatiguée de toute cette vie, de tout gérer de A à Z et de surcroît de soutenir le père de ma fille qui n’arrivait pas à sortir la tête de l’eau.

Je suis tombée enceinte de mon fils. Ce fût une joie pour moi d’avoir une fille et un garçon ! Ma fille a commencé à me réveiller toutes les nuits (plusieurs fois parfois). Le rythme était difficile car la fatigue du quotidien et de la grossesse ajoutée à la fatigue déjà cumulée me pesaient de plus en plus. Résultat, à 4 mois 1⁄2 j’ai dû avoir des piqûres pour ne plus avoir de contractions liées au stress. Lorsque j’ai accouché, le père de mes enfants n’a pas été présent comme il aurait dû. Je me retrouvais seule avec mon fils à la maternité. Je suis même rentrée chez moi en taxi. Trois mois plus tard, ma fille a refait ses nuits. Le doublon de réveils durant les trois mois après mon accouchement m’ont encore un peu plus fatiguée. A cela s’est ajouté l’intolérance de mon fils au lait de vache. Nous avons dû lui changer son lait et lui donner du lait de soja qui, certes, convenait pour éviter les allergies mais qui était moins nourrissant. Alors les réveils nocturnes ont repris durant trois mois, jusqu’au jour où nous lui avons pu lui redonner du lait de vache. Beaucoup de fatigue, de stress et d’angoisses se sont encore accumulés durant ce temps et avec ces soucis. La reprise du travail à 80% (je voulais passer un peu de temps avec mon fils, pour le voir grandir) et le quotidien à gérer, les enfants, etc… je n’avais pas du tout de temps pour moi, tout reposait sur mes épaules. Il m’était difficile de ne pas répondre aux sollicitations mes enfants malgré les conseils de mon entourage qui ne pouvait pas vraiment comprendre la situation dans laquelle j’étais. Côté couple c’était la débandade : j’étais trop la mère de mes enfants et étais devenue la mère de leur père. Une situation terrible ! L’engrenage était en route. Pour fuir cette situation de couple, je me suis accroché à mon travail et à mes enfants. Ce fût reproches sur reproches de la part du père de mes enfants, puis il m’a quitté sur un coup de tête.

Je me suis retrouvée seule avec mes enfants pendant trois mois. A l’époque j’avais tout juste 25 ans, un travail et 2 enfants âgés d’à peine 3 ans 1⁄2 et 7 mois. Déjà que le quotidien était lourd, ce fût encore pire ensuite …

La suite du témoignage mercredi prochain !

6 réflexions au sujet de « Quand le sort s’acharne #1 »

  1. Brioche

    Whaou !!! Ce témoignage est dur et magnifique à la fois. C’est clair que cette femme est une battante. Mes respects
    Cela envoie valser certains commentaires que tu as eu sur Yahoo et un témoignage comme celui-ci justifie amplement ton action.
    Je suis scotchée

    Répondre
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