Sortir-epuisement-maternel

Ce qui m’a sorti de l’épuisement maternel

Je me souviens, il y a 6 ans. Le 1er janvier 2013. Nous terminions notre journée aux urgences pédiatriques. Gastro pour petit bonhomme. A tout juste 5 mois, il s’était déshydraté en moins de deux heures. Trente minutes de voiture pour aller jusqu’à l’hôpital où j’ai dû le détacher une bonne dizaine de fois pour ne pas qu’il s’étouffe. 48h d’hospitalisation. Un retour de vacances retardé. Nous pensions être au fond du gouffre, nous étions loin du compte. Quand je regarde derrière moi, tout ceci semble si loin et pourtant …

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A cette époque, nous ne dormions pas. J’étais persuadée que j’allais mourir de fatigue. Ce n’était que le début. La chute a duré encore 10 mois. 15 au total. Heureusement, je ne le savais pas …
Le quotidien était devenu une lutte. Je me levais chaque jour plus exténuée que la veille au couché. Je ne savais pas si j’avais encore suffisamment de forces pour survivre jusqu’au soir.

Le diagnostic

C’est en septembre 2013, dans les entrailles du gouffre, au plus profond, que des mots ont été posés sur mes maux. Je n’étais pas folle. Je devais reprendre le travail après une année de congé parental. Tout était prêt. L’organisation de l’équipe au boulot, la garde des enfants.
Mon médecin m’a dit que je n’étais pas en état de reprendre. Le médecin du travail a eu exactement la même réaction, le même diagnostic : « je ne vous donne pas 3 jours avant d’être en arrêt, vos enfants sont en garde ou a l’école, prolongez votre congé parental pour vous remettre sur pied « . L’impulsion était donnée. La chute était stoppée nette.

Dormir, beaucoup …

S’en sont suivis plus de deux mois de sommeil intense. 14h par 24h. 10h la nuit. 2h de sieste le matin, autant l’après-midi. Pourtant la fatigue était toujours là. Incapable de me concentrer, de lire un livre, regarder un film ou de retenir quoi que ce soit. Petit à petit, les effets se sont faits sentir et j’ai commencé à moins ressentir le besoin de dormir pour en revenir à un sommeil normal. si vous saviez comme nous savourons aujourd’hui nos nuits sans réveils intempestifs …

Du temps pour moi

Je suis passée d’un temps inexistant à me consacrer, à 8h disponibles, quatre fois par semaine. J’ai alors pris le temps de faire ce que j’aimais : lire (je commençais à nouveau a pouvoir me concentrer suffisamment), aller au cinéma de temps à autre. Surtout, j’ai passé de longues heures a marcher pour me vider la tête, me remplir d’air frais et iodé, ne penser à rien.
Puis, je me suis mise à courir, faire du yoga. Ma bulle où je me ressourçais. Depuis, je cours 3 fois par semaine. J’ai fait 4 semi-marathon et je vais faite mon premier marathon en 2019. Vous m’auriez dit ça il y a 6 ans, je vous aurais ris au nez ! Pas vraiment sportive et avec un tel manque d’énergie, j’aurais pensé que c’était impossible. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais.

Des projets

Les projets ont refait surface. J’en avais à nouveau la force. Je me suis inscrite en formation. Je me suis formée seule en attendant son démarrage, début 2015. On m’a presque traitée de folle de me lancer pour 8 mois dans une formation alors que j’avais 2 enfants en bas âge. Fin 2015, j’ai entamé un nouveau job et nous avons déménagé. Tout s’est enchaîné. Fin 2017, j’ai tout quitté pour me lancer à mon compte et m’épanouir. Même pas peur !

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Grand bonhomme est entré à l’école. J’ai échangé avec de jeunes parents, comme nous. Ecoute, entre-aide et partage. Du lien social recréé et de jolies amitiés qui durent depuis plus de 5 ans.

En parallèle, les problèmes de santé de petit bonhomme ont été résolus. Depuis cet été, il est guéri presque totalement.
Les garçons ont grandi. Nous avons appris à savourer le temps précieux passé à 4. Nos vacances sont devenues bonheur. Nous savourons nos nuits, les uns comme les autres. Nous aimons dormir comme jamais.

Tout a évolué, au fil du temps, sans nous en rendre compte, petit a petit. Nous en sommes là où nous n’aurions jamais osé espérer arriver. Alors oui, osez, bougez, ne vous laissez pas paralyser par vos peurs. Tout est possible. Patience. Si vous êtes dans un moment difficile, sachez que le temps meilleur fini par arriver. Il faut apprendre à avancer, pas à pas, et ne pas vouloir aller plus vite que la musique. Aussi, apprenez ce qui est bon pour vous et refusez le reste. Nous n’avons qu’une vie … C’est ce que l’épreuve de l’épuisement m’a appris de plus essentiel.

2 réflexions au sujet de « Ce qui m’a sorti de l’épuisement maternel »

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