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Sentiment de honte

Le sentiment le plus désagréable que j’ai pu ressentir pendant la période où j’étais épuisée est la honte.

J’avais honte de ne pas réussir à prendre sur moi pour assumer les journées passées avec mes enfants. Honte de me sentir aussi faible, de craquer, de pleurer, de me plaindre.
Je me disais que j’avais absolument tout pour être heureuse et sereine. J’étais effectivement heureuse mais je n’étais pas sereine, quelque chose n’allait pas et je pensais ne pas en avoir le droit parce que d’autres vivent des situations bien pires.

Aussi, lorsque je hurlais après mes enfants, j’espérais de tout cœur que les voisins ne m’entendent pas. La maison n’est pas très bien isolée. La porte d’entrée laisse passer le bruit. J’avais honte qu’on m’entende m’énerver ainsi après de si petits enfants. Je pensais qu’ils allaient me détester, croire que j’étais folle, violente.

J’avais honte des cris et des colères de mes enfants. Que penseraient les voisins ou les passants s’ils les entendaient ? Que je n’étais pas capable de les élever correctement, de faire face à leurs caprices ? J’étais incapable de prendre du recul et de dédramatiser la situation.

Je me sentais très mal à l’aise vis à vis de mon entourage auprès duquel je me plaignais sans arrêt que le quotidien était difficile. J’avais honte qu’ils puissent penser que je n’étais pas heureuse avec mes enfants si désirés. J’avais honte d’être si dure dans mes propos, si dure vis à vis de mes enfants lorsque j’étais à bout de nerfs. Je les aime si fort.

J’avais honte de me plaindre de cette situation face aux personnes qui ne peuvent avoir d’enfants parce que j’estime qu’ils sont plus à plaindre que moi.
Oui, j’ai la chance d’avoir des enfants. Ce n’est pas pour autant que nous sommes capables de tout supporter. Nous avons la chance d’être parents mais nous n’avons pas perdu le droit de dire que quelque chose ne va pas.

La honte, un sentiment partagé par bon nombre de mères épuisées parce que l’épuisement maternel est encore trop tabou. Si elles en parlaient, leur entourage aurait connaissance de la situation, elles auraient plus de soutient, de compréhension et n’auraient plus à avoir honte.