Témoignage de Laurence

Maman de trois garçons de 18 mois, 3 ans et demi et 7 ans et demi

Maman de 2 enfants, mon envie d’un troisième est présente depuis mon dernier accouchement. Alors nous décidons de recommencer l’aventure et, très vite, me voilà enceinte.
La grossesse se passe bien, et l’accouchement une merveille! Les grands sont content et nous accueillons avec bonheur ce petit bout dans notre foyer.

La routine (ou non routine) s’installe, bébé mange, dort peu et chouine beaucoup. Mais après tout c’est un tout petit bébé. Alors nous l’installons dans notre chambre, pour préserver le sommeil des deux grands.
Les nuits sont courtes et maman commence à fatiguer. Bébé pleure beaucoup la journée. Dans la balancelle il pleure, dans le parc, dans son lit…. Ah miracle, sur maman il se calme! Alors maman le porte, l’installe confortablement dans l’écharpe, bébé dort.

Les journées se passent dans les chouinements et les pleurs. Même en voiture, bébé ne supporte pas qu’on s’arrête alors il hurle. La nuit il pleure, alors comme bébé aime être avec maman il déménage dans le lit parental. Bébé dort, maman somnole. Le sommeil n’est pas réparateur. C’est juste le moyen de ne pas entendre chouiner et de pouvoir reposer mon corps.

Les semaines passent et maman est épuisée. Les deux grands font du bruit, trop pour moi qui ne supporte plus rien. Je veux du calme, je veux dormir, je ne veux plus d’enfant. Je veux être seule dans mon lit!

Ça y est, nous déménageons bébé dans sa chambre, il faut que je dorme et lui aussi! Chacun sa chambre. Dernier biberon avant la nuit, bébé au lit mais bébé en a décide autrement, il hurle! Je fais quoi? Je l’emmitoufle bien, le met dans son cosy et on part faire le tour de la ville. 1h plus tard, épuisée, je rentre et le dépose tout doucement dans sa chambre…. Un œil s’ouvre…. NON! Marre, je n’en peux plus! Et mon mari avec sa tête endormie qui me regarde en pensant  »moi JE bosse demain ». Bah oui, moi je fais des grasses mat ET les siestes! Alors je vais au lit et je laisse bébé hurler dans sa chambre, je n’en peux plus….  » mais ça ne va pas de le laisser pleurer, tu vas en faire un angoissé »… Bah oui, pendant 1 /2 semaines il a pleuré, chaque jour un peu moins et il a fini par faire ses nuits. Ce n’était pas un choix de le laisser pleurer, mais impossible pour moi de me lever, j’étais épuisée. Non pas un choix de laisser hurler son petit bout, juste que j’aurai fini par passe par la fenêtre sinon…

Bébé est une source de stresse pour moi, je ne supporte plus le bruit. Les 2 grands en font les frais et ne peuvent plus jouer sans m’entendre hurler que je veux du calme. Je tape sur les murs souvent, ça me calme. Je fais claquer les portes. En fait ça me calme de faire du bruit ou de me défouler sur les portes de placard que j’envoie valser. Mon mari rentre le soir, a l’heure la pire de la journée. C’est Bagdad a la maison, les 2 grands qui jouent et font du bruit ou se crient dessus, le petit qui hurle et maman qui pleure de fatigue… Je veux que ça cesse, plus de bruit. On mange et vite tout le monde au lit pour qu’enfin il y ai du silence….

La routine du soir avec bébé est toute nouvelle, routine spécial bebe3 que je n’ai pas connu pour les 2 grands. Je lui donne un biberon et l’endors dans mes bras. Ça peut prendre 30 minutes a 1h30… Mais si il ne dort pas je ne peux pas le mettre au lit, sinon il hurle et réveille les 2 grands… Alors voila, c’est la solution du soir. Pour les siestes de la journée, je n’ai pas de solution, je le met au lit et il pleure, il hurle. Il dort peu…  »ON » m’a conseille de rester avec lui, l’aider a l’endormir etc… Mais je fais comment avec mes deux grands, mes horaires a respecter et tout le reste si je doit m’occuper uniquement de bébé ? Je n’ai que 2 bras. Alors siestes du matin et de l’après-midi, même combat, il pleure….

 »De quoi tu te plains, bébé dort la nuit » Et voila, prends ça dans les dents! Oui il dort la nuit, sauf que la journée il passe son temps a chouiner et a pleurer… Mais on me dit que c’est normal c’est un bébé!  » Mais tu verras, ça va passer quand bébé se déplacera » Oui, bébé fait très tôt du 4 pattes, mais bien au contraire ça ne passe pas, c’est pire car il me suit partout en chouinant!!

 »Ne t’inquiètes pas, ça passera quand il marchera » Bébé a marche bien plus tôt que les grands, maintenant il court en pleurant pour réclamer mes bras…. Épuisée, fatiguée…

18 mois aujourd’hui…. 18 mois que je ne compte que sur moi, moi et (un peu) mon mari. Je n’ai pas beaucoup parlé de ça. Les seules fois où j’ai abordé le sujet, on m’a bien fait comprendre que ce bébé je l’ai voulu, a moi de me débrouiller avec ! Et puis un bébé ça chouine normal non?

Bébé est toujours un chouineur, il a un caractère bien trempe que les deux grands subissent toujours. Moi et bien moi…. Je suis devenue allergique au bruit, je ne supporte plus. Je crie beaucoup. Que faire pour changer ça? Je ne sais pas… Je ne demande pas de conseil, ou peu. J’ai l’impression d’embêter quand je parle de ça, on me dit que c’est normal, et que c’est fatiguant les enfants. Tout le monde est passe par la.

Normal je ne sais pas…

8 réflexions au sujet de « Témoignage de Laurence »

  1. Ln.

    Bonjour,

    En lisant ton témoignage, je voulais juste dire que non, tu n’embêtes pas quand tu parles de ça. Ceux qui le disent sont peut-être gênés d’entendre ça, soit qu’ils ne le comprennent pas soit qu’ils ne savent pas quoi répondre. Avoir des enfants rapprochés, c’est difficile. C’est à la fois fatigant, moralement et physiquement et peu gratifiant.
    Les miens ont 2 ans et 5 mois d’écart. Je n’ai pas à me plaindre, ils sont très sympas, ont rapidement fait leurs nuits, n’empêche que y’a toujours 2 à 4 réveils la nuit, très rapides, pour des mauvais rêves ou des tétines égarées.

    Auparavant, ma fille aînée a connu des périodes d’angoisses nocturnes où elle hurlait et ne voulait plus dormir que dans notre lit. Nous en avons parlé à notre médecin de famille qui gentiment mais fermement a mis les point sur les « i » avec elle. Nous nous sommes serrés les coudes et avons été aussi fermes mais sans hurler après (comme, sous la fatigue, nous avions pu le faire).

    Aujourd’hui encore, lorsque je suis fatiguée il m’arrive d’être trop exigeante avec eux sur le bruit ou l’obéissance. Après je m’en veux et me dit que ce serait peut-être bien que l’on consulte.

    Tout ça pour dire, que la fatigue nous empêche de prendre assez de recul sur notre situation. Et même une fois reposé(e)s, seule il est difficile de lever le nez du guidon. Un tiers, une personne extérieure peut aider. Et trouver le moyen de dormir. Parlez-en à votre médecin de famille ou qqn en qui vous avait confiance et qui pourra vous orienter vers des professionnels. Il n’est pas question ici de parler de folie ou d’échec mais bien de dire là, je sais que je ne peux pas continuer ainsi, j’ai besoin d’aide.

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  2. mamlucile

    Merci Ln pour ton commentaire qui tout à fait réaliste ^^
    Ici, c’est que nous allons faire, consulter pour notre plus grand comme nous l’avions fait quand nous étions dans une situation difficile avec notre dernier loustic

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  3. Annie

    Bonjour,
    Consulter…..mais qui? Parce que beaucoup de médecins ne savent pas vers qui orienter ou ne veulent pas entendre les propos de parents épuisés, ils les zappent!.
    Quand je rencontre les parents ils me disent qu’il y a des besoins
    Quand je rencontre les médecins libéraux, ils me disent qu’ils ne comprennent pas à quoi je sers, y’a la PMI! ( la PMI? à domicile? à 21H? le samedi?, bref quand les parents ne travaillent pas….)????
    Dans ma région, un couple avec 2 enfants (4 ans et 2 mois) se sont faits gentiment refoulés de la PMI, alors que la mater les y avait envoyés, sous prétexte qu’ils étaient débordés et qu’EUX avaient les moyens d’aller dans le privé (oui mais où?…..ça, on leur a pas dit). Ils sont restés sans solution (la sage-femme, pas le temps, mais elle non plus, elle ne leur a pas donné d’adresse). Madame a arrêté d’allaiter, a repris le travail, alors qu’elle voulait prendre un congé parental (pour allaiter justement). Elle a consulté un psy ( parce que 2 accouchements violents+ échec de l’allaitement, etc…), mais elle a dit « ça ou rien c’est pareil » et a arrêté les séances (forcément, un psy, ça vous apprend pas à allaiter, ça règle pas les problèmes de sommeil ou d’alimentation des enfants, ça vous aide pas à vous organiser, et la plupart ne connaissent rien au réseau associatif local et travaillent seuls avec leur patient). Aujourd’hui, elle s’est réfugiée dans son boulot, tient ses enfants et son mari à distance et n’a plus confiance en personne. Monsieur a découvert mon existence parce que le hasard a fait que c’était mon banquier ; il était hors de lui quand je lui ai dit que les réseaux chargés d’informer les parents ne donnent en fait aucune info (ils ne distribuent même pas les prospectus pour les réunions gratuites sur l’allaitement). Mais maintenant, c’est difficile de passer derrière eux, parce que sa femme ne veut plus rencontrer personne. Alors consulter oui, mais si vous avez des adresses, des numéros, il faut les donner, car une personne épuisée et isolée n’a plus la ressource pour trouver seule ces infos.
    Des histoires comme ça, j’en ai plein mes tiroirs…j’aimerais bien ne plus arriver trop tard.

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    1. Ln.

      Malheureusement, je n’ai pas la réponse, moi-même n’ai jamais franchi le pas de « consulter » malgré mon expérience d’éducatrice spécialisée.

      Je suis bien d’accord sur le peu d’informations données aux parents. Surtout dans des régions assez « campagnardes » comme la nôtre. Pour ma première, j’ai accouché à Avignon (ville que nous avons quittée depuis), notre fille a passé une nuit en réa-néo nat et(je ne sais pas si c’était de ce fait), une dame de la PMI m’a téléphoné pour savoir si tout se passait bien, si j’avais des questions et si je voulais qu’elle passe me voir. A cette époque tout allait bien donc je n’ai pas donné suite, mais ce coup de fil devrait être le minimum obligatoire pour tous. Voire même une visite de la sage-femme ou d’une puéricultrice à la maison, encore faut-il, comme le disait Lucile, que ces personnes soient formées et connaissent les signes et symptômes de l’épuisement maternel ou de la dépression post partum.

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    2. Valérie

      Je vis ceci avec mon 2ème, c’est un BABI (= bébé aux besoins intenses). Maintenant il dort mieux, grâce à l’hormone du sommeil (mélatonine), qui lui a été prescrite par le CHUV suite à des examens. Ce que tu vis, non ce n’est pas normal et c’est plus qu’un épuisant ! Je suis maman de 2 chouineurs de 3 ans et 2 ans… je te comprends…… bcp !!

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      1. Olivia g

        Bonjour
        Ce commentaire date un petit peu mais j’aimerai vous en demander un petit plus concernant ce que vous avez écrit. J’ai moi aussi un bébé qui a des besoin intense, il est littéralement collé à moi ( il a 8 mois) et n’à fait depuis sa naissance qu’une seule nuit tout seul. Sinon c’est avec moi. Les nuits sont rythmées de réveils nocturnes quotidiens, d’insomnie qui peuvent durer 2 , 3 h bref je suis à bout. Surtout que j’ai une petite fille de bientôt 2 ans pour qui il faut que je sois un minimum en forme la journée.
        Cette hormone du sommeil peut elle être prescrit par un pédiatre? Quel examen avez vous pratiquer?
        Merci d’avance d’avoir Pris le temps de me lire.
        Olivia

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  4. mamlucile

    Bonjour Annie,

    Merci pour votre commentaire.
    Les lieux de parole, d’accueil, de soutien, … sont un sujet qui sera traité dans les mois à venir. Je souhaite proposer une rubrique qui y sera dédiée. Il faut juste que trouve le moyen technique de le faire car j’ai une idée précise en tête.
    Par contre, la base sera enrichie avec le temps. En effet, je ne peux recenser toutes les structures tout de suite.

    En revanche, je ferai un article sur le sujet qui précise les types de structures vers lesquelles on peut se tourner quand on se retrouve dans cette situation.
    La difficulté est de tomber sur la bonne personne que ce soit pédiatre, sage femme, médecin traitant, PMI, …. Tous ne sont pas sensibilisés de la même manière sur le sujet. J’en ai fait l’amère expérience …

    A bientôt,

    MamLucile

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  5. Ping : En parler, oui, mais à qui ? | Epuisement maternel

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